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Voiture postale à chien : des chevaux sous le cabot

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Les voitures à chien sont apparues au milieu du XIXe siècle.

Pour transporter le courrier, on connaissait la malle-poste, le train, l’avion, l’auto, le vélo… Mais assez peu la voiture à chien.

Même confidentiellement, ce mode de locomotion inattendu a pourtant été utilisé par des facteurs quelques dizaines d’années durant.

Faire tracter un véhicule par un chien, qui aujourd’hui s’y risquerait ? En dehors d’artistes de cirque pour un numéro de dressage ou de familles désœuvrées usant à l’occasion de ce moyen afin d’amuser les enfants le dimanche, pas grand-monde…

Pourtant, et il n’y a pas des lustres, cette pratique n’était pas si rare. Quelques dizaines d’années durant, elle s’est en effet répandue, essentiellement au service d’activités artisanales et commerciales, dans plusieurs pays d’Europe.

« Les voitures à chien sont apparues au milieu du XIXe siècle, surtout dans le nord de la France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Angleterre, indique Pascal Roman, conseiller historique du Musée de La Poste, c’était avant tout un mode de transport professionnel utilisé par des gens modestes. »

Pour faciliter leurs déplacements et l’acheminement de charges légères, des personnes exerçant de « petits » métiers (laitiers, boulangers, rémouleurs, convoyeurs de bois mort… ) commencent ainsi via un simple licol à atteler un chien – assez peu souvent plusieurs – à de petites charrettes. Des véhicules en général construits par le charron du village ou par l’utilisateur lui-même.

« Bien que l’emploi de ces voitures à chien soit resté relativement limité, des réglementations ont cependant été édictées, poursuit Pascal Roman, il fallait ainsi en particulier que les animaux affectés à cette tâche mesurent au moins 50 cm. »

Ce qui n’était pas de trop pour tirer des charges pouvant aller – conducteur compris – jusqu’à 80 kg. Labradors ou bâtards vigoureux sont alors ainsi largement sollicités.

Du nord de la France, l’usage du moyen de transport s’étend après 1900 à la Touraine, la Sologne. Pour les mêmes besoins. Et pour les mêmes raisons : la voiture à chien n’est réellement exploitable que dans des régions assez plates.

En voyant leurs voisins s’adjoindre les services de ce type d’équipage, certains facteurs s’y mettent à leur tour. En général de leur propre initiative, et avec l’approbation discrète des services de direction de la Poste.

Une tolérance d’autant plus facile à exercer que le nombre de postiers ayant opté pour cette locomotion originale demeurera relativement confidentiel. L’entre-deux-guerres sera fatal à la pratique. Les défenseurs de la cause animale avaient déjà depuis longtemps fait savoir leur désapprobation, l’essor du cyclomoteur puis de la voiture à moteur thermique aura définitivement raison de la traction canine.

En 1925, le code de la route interdira la circulation des voitures à chien. Labradors et autres bâtards abandonneront ainsi le chemin du licol…

Rodolphe Pays

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Collections du Musée de La Poste.

Une voiture à chien de 1912

Acquise en 1993, et longtemps exposée, une voiture à chien figure dans les collections du Musée de La Poste. Ce véhicule, datant de 1912, avait été utilisé par un facteur pour assurer la distribution du courrier aux habitants du village de Mont-près-Chambord (Loir-et-Cher).

Le musée possède également un licol utilisé pour y atteler un chien. Une autre voiture de ce type – un don de postiers – est également visible au musée de la Sologne, à Romorantin.

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