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Siège de 1870 : la nacelle du ballon « Le Céleste » recouvre la forme

Le ballon postal Le Céleste a franchi les lignes prussiennes le 30 septembre 1870. Sa nacelle, qui appartient aux collections du Musée de La Poste, est actuellement en restauration.

Elle figure parmi les objets du musée les plus imprégnés d’histoire. Parmi les plus emblématiques aussi de l’aventure postale. C’est en effet l’une des nacelles des quelques dizaines de ballons montés (ainsi nommés lorsqu’ils transportaient des passagers) qui, lestées de courrier, ont passé les lignes prussiennes lors du siège de Paris de 1870. Pour celle-ci, c’était le 30 septembre, et le ballon, dirigé par Gaston Tissandier, s’appelait Le Céleste.

Longtemps présentée dans les collections, elle avait besoin d’une cure de rajeunissement. Pour traiter cette pièce exceptionnelle, le musée a fait appel à une spécialiste en restauration d’objets réalisés à partir de matières organiques (la nacelle est essentiellement constituée d’osier auquel s’ajoutent un peu de bois et des cordages).

« Quand je l’ai vue la première fois, j’ai pensé qu’elle n’était pas en si mauvais état, et surtout constaté qu’elle n’était pas attaquée par des insectes, se souvient Ingrid Léautey, elle était cependant très affaissée, avait vrillé, ça demandait quand même pas mal de travail, c’était un beau projet. »

L’expérience aidant – Ingrid avait déjà œuvré sur des nacelles comparables appartenant aux musées de l’Air et de la Marine -, les différentes opérations à effectuer ont vite été identifiées.

Première d’entre elles, le soclage, destiné à « redresser » la nacelle et lui restituer son volume. Une tâche qu’Ingrid a confié à Pier Esquilat, formé à l’école Boulle.

« On a créé une armature de tubes fins de métal pour retrouver les dimensions de l’objet, indique Pier, on a choisi cette option pour sa discrétion, l’aluminium aurait été trop volumineux, et aussi parce qu’elle n’entraîne pas de confusion avec l’objet lui-même, comme aurait pu le faire une structure en bois. »

Ingrid a ensuite repris la main. Avec d’abord un nettoyage au solvant. « L’idée, ce n’était pas de retrouver l’état originel, précise-t-elle, c’était de conserver de la patine, de l’authenticité. » Au-delà de l’esthétique, des soins curatifs se sont aussi révélés nécessaires.

Comme de combler des manques dans les parois de la nacelle. « Remettre de l’osier risquait de créer des tensions préjudiciables, explique Ingrid, j’ai préféré travailler à l’aide de papier teinté, à l’œil ça ne se voit pas ».

Les visiteurs le constateront dans quelques mois, à la réouverture du musée.

Rodolphe Pays

Des tracts en allemand

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Gaston Tissandier (1843-1899).

Le 30 septembre 1870 à 9 h 30, l’aérostier Gaston Tissandier s’élève au-dessus de Paris dans le ballon postal « Le Céleste ».

Avec lui à bord de l’étroite nacelle (80 cm de long, 70 de large), 80 kg de courrier, dont des dépêches destinées au gouvernement alors replié à Tours, 3 pigeons et des tracts en allemand à lancer sur les troupes prussiennes qui assiègent la capitale.

Il réussit à passer les lignes ennemies sans encombres (non sans essuyer des tirs) et atterrit avant midi à 80 km à l’ouest de Paris, près de Dreux.

Mission accomplie.

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