Afficher le menu Masquer le menu

Le renouvellement du timbre-poste d’usage courant, 1954/1955. Depuis 1951, les Français utilisent le timbre-poste à 15 francs « Marianne » de Pierre Gandon (1899-1990), allégorie créée au lendemain de la Libération, pour affranchir leur courrier.

En juin 1953, le nouveau ministre des PTT, Pierre Ferri, veut une nouvelle figurine, symbole vivant de la France afin de traduire « la grandeur impérissable du pays ». La direction générale des Postes demande des conseils à des académiciens, notamment Emile Henriot, Georges Duhamel et André Siegfried pour résumer les principaux thèmes de la France qui seront soumis aux artistes. Les thèmes retenus sont : la France au travail, le labeur journalier (agriculture et industrie), la reconstruction, les arts et les sciences, la France reste la lumière du monde ; le symbole retenu : homme ou femme. De nombreux artistes sont consultés. Après examen de nombreux projets, le nouveau secrétaire d’Etat aux PTT, André Bardon, qui succède en juin 1954 à Pierre Ferri, retient le dessin de Louis-Charles Muller (1902-1957). Le timbre « Marianne de Muller » ou « République de l’Espérance » est émis le 22 février 1955.

JPEG - 27.4 ko
Projet de timbre-poste République, 1954
Dessiné par Michel Ciry. Encre de chine et lavis. (Inv. MP AT 982.3, cote M2-1011)

Intérêt de la pièce :

Michel Ciry participe au concours de 1954 pour renouveler le timbre d’usage courant. Le sujet est libre : il s’agit de représenter la « République ». Toutes les maquettes portent la valeur faciale de 15 francs. Le directeur général des Postes, Michel Faucon, reconnaît la difficulté du choix d’un symbole, et pense que son interprétation, toujours subjective, est bien souvent dépassée par l’imagination de ceux qui le regardent. Pour Michel Ciry, l’interprétation du sentiment national est gauloise. En effet, il dessine un Gaulois moustachu, robuste avec un casque ailé, symbole de la résistance et représentation symbolique de la nation. Mais c’est toujours l’image de la Marianne qui prédominera.

Bien que le coq Gaulois, dessiné par Decaris, figurera sur les timbres d’usage courant de 1962 à 1966. Michel Ciry, peintre et musicien, né en 1919, remporte le prix national de gravure en 1945. Il est professeur en 1955 à la School of fine Arts de Fontainebleau. Il dessine ses premiers timbres-poste Gounod et Molière en 1944, puis en 1955 Jacques Coeur, en 1956 Maurice Ravel et Jean-Jacques Rousseau, en 1957 Gaston Planté et en 1958 Toulouse- Lautrec. Cet artiste revient dans la production philatélique en 1982 avec le portrait de François d’Assise et en 1995 avec celui de Francis Jammes.

JPEG - 522 ko
Marianne de Muller, 1955
Timbre-poste de référence (N° Yv 1011)

Bibliographie :

Le Patrimoine du timbre-poste français, éd Flohic, 1998

Le Patrimoine de la Poste, éd Flohic, 1996, pp.347-351, reprod p.348

Archives :

Dossier d’émission du timbre-poste, 1954, carton 20, dossier 3

Tous les ouvrages sont consultables à la bibliothèque du Musée de La Poste.