Afficher le menu Masquer le menu

Projection mardi du documentaire de Laurent Véray « La Cicatrice, une famille dans la grande guerre »

La famille Résal : les enfants, de g. à dr., Mériem, Salem, Younès, Chérifa, Paul et Louis ; au premier plan, les parents, Julie et Eugène.

Les soirées cinématographiques se suivent et se ressemblent au Musée de La Poste. Après la projection la semaine dernière du long métrage « Le discours d’un roi », une nouvelle séance est programmée demain mardi : un film documentaire de Laurent Véray intitulé « La Cicatrice, une famille dans la grande guerre ».

S’il ne s’agit pas cette fois d’une fiction mettant en scène des personnages publics, c’est cependant un documentaire intimement lié à l’histoire qui est proposé aux visiteurs du Musée de La Poste ce mardi. Ce document exceptionnel de 52 minutes de Laurent Véray, professeur d’études cinématographiques à la Sorbonne et membre de l’Institut de recherches sur le cinéma et l’audiovisuel, traite en effet de la « Grande guerre » à travers la correspondance d’une famille française.

Fondé sur les innombrables courriers et photos échangés durant toute la durée du conflit entre les huit membres de la famille Résal - les parents, et leurs six enfants mobilisés à divers titres -, le film permet aussi de documenter la « grande histoire ». Au-delà des épreuves subies par cette famille anticonformiste (ingénieur affecté en Tunisie, le père, tombé sous le charme de la culture du pays, a par exemple souhaité avec son épouse donner des prénoms arabes à ses quatre premiers enfants) et lettrée, la richesse de la matière mise au jour permet aussi de mieux appréhender la vie de la France à cette époque. Laurent Véray a ainsi choisi de montrer l’événement historique dans ses rapports entre l’intime (notamment la mort au front de Younès, l’un des quatre garçons) et le collectif.

La famille Résal a échangé des milliers de lettres et de photos. Une pratique épistolaire qui était aussi largement partagée. Chaque jour en effet, les poilus envoyaient en moyenne à leurs familles 4 millions de lettres. Et en recevaient 3 millions. Des échanges que la poste s’efforçait au mieux d’accompagner. Y compris en embauchant des femmes venues remplacer les hommes partis au front. (RP)

Recevez les billets du blog par courriel :