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Pour Rero, l’oeuvre, c’est l’intervention, l’action, l’acte...

Les « messages d’erreur » de Rero ne sont plus à présenter. En travaillant sur la négation, il soumet ainsi les mots à notre interprétation. Mini portrait d’un des street artistes actuellement exposés au musée de La Poste.

Rero n’est pas un enfant de la balle. Ses parents ne l’emmenaient pas au musée, il n’a pas fait les Beaux-arts. Il a commencé par mener des études de sociologie et d’économie. Cela ne l’a pas empêché, selon son expression, de « capter des choses, inconsciemment ». Et puis, il s’adonnait quand même au graffiti. Et c’est ça qui l’a amené vers l’art. Ses influences, ce sont d’abord les street artistes, confrérie de parfaits indépendants dont il est aujourd’hui - à tout juste trente ans - un des représentants reconnus.

La marque de Rero, ce sont ses messages. Tous en caractère Verdana. Choisi justement pour sa simplicité, sa lisibilité, son côté « bateau ». Une manière d’éviter que le message soit cannibalisé par l’esthétique. Et un choix qui est aussi une signature : tout le monde reconnaît son travail. Travail qu’il exerce dans les rues, des lieux désaffectés. Mais aussi sur des toiles et des objets ou des endroits aussi surprenants que des assiettes ou des terrains de foot.

Pour Rero, barrer ses textes, c’est inciter à s’interroger : c’est vrai, c’est faux, c’est censuré ? C’est questionner sur la modernité aussi, la « course » permanente. « L’œuvre, c’est l’intervention, l’action, l’acte, explique-t-il souvent, ce n’est pas la photo qu’on peut en faire, qui n’est au fond qu’une archive. » Et quand Rero expose en galerie, rien ne change : « L’idée, c’est d’amener à l’intérieur ce qui se passe à l’extérieur ». (RP)

« Au-delà du Street art », jusqu’au 30 mars, galerie du Messager, l’Adresse Musée de La Poste, 34 boulevard de Vaugirard, Paris 15e. Tél. : 01 42 79 24 24.

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