Afficher le menu Masquer le menu

Pierre Barouh : « La chanson, ça se glisse sous les portes, ça se fredonne aussi dans les têtes, ça ne peut pas se censurer »

PNG - 19.9 ko
Photo Michel Birot

La Poste à travers chants, une des nouvelles animations hors les murs du Musée de La Poste, rencontre un vrai succès. Et parmi les incontournables de ce véritable récital à destination des seniors et des associations, La bicyclette, de Pierre Barouh. L’auteur, compositeur, interprète, producteur et éternel voyageur évoque sa passion de toujours pour la chanson.

« J’avais 14 ans. Je rentrais du Vél’ d’Hiv’ où j’étais allé voir les 6 jours. J’avais la permission de 21 h et il n’était que 20 h 30. Je me suis alors introduit à l’Eden, le cinéma de mon quartier, à Levallois-Perret. On y passait Les visiteurs du soir. Les poèmes chantés de Prévert – La complainte de Gilles, Démons et merveilles… – ont été comme une onde de choc. Ces mots, ces mélodies m’ont percuté. Ma vie a basculé, dès le lendemain je me suis mis à écrire des chansons. Ca ne m’a jamais quitté.

Très vite, j’ai voyagé. Beaucoup. Longtemps Entre deux départs, je faisais journaliste, assistant metteur en scène, acteur. Et j’écrivais toujours des chansons. Un jour, à Montmartre, quelqu’un m’a proposé de rédiger un texte autour du vélo pour une campagne de pub. La pub ne m’intéressait pas, mais l’idée d’écrire sur le vélo, oui.

Des réminiscences, des odeurs, des ambiances d’enfance ont alors refait surface. Des chose venues de Vendée où mes parents m’avaient mis à l’abri pendant la guerre. La bicyclette, avec sa fille du facteur, est née comme ça. Et est restée dans les cartons.

Et puis, j’ai fait les paroles des chansons d’Un homme et une femme. Je me suis retrouvé à Cannes à cette occasion, et lors d’un dîner – j’ai toujours aimé chanté au dessert – j’ai ressorti La bicyclette devant Montand. Il a juste dit : « Je suis fou de cette chanson »…

La chanson, c’est un mode d’expression exceptionnel, communicable immédiatement. Des mots simples, des sentiments forts. Et puis la chanson, on ne peut pas l’arrêter, elle se glisse sous les portes, ça se fredonne aussi dans les têtes, ça ne peut pas se censurer… C’est un art immédiat, pas besoin d’années d’apprentissage…

Le Musée de La Poste a bien raison de faire voyager les gens avec son animation La Poste à travers chants. Y compris à bicyclette… ».

Propos recueillis par Rodolphe Pays

Pierre Barouh a publié en 2012 « Les rivières souterraines », un livre écrit au fil de l’eau où il raconte souvenirs, rencontres, découvertes (éditions « A Vos Pages »).

Sous le titre « Divers-Dit vert », un double CD retraçant ses soixante ans de carrière est également sorti en 2012.

Chants et guitare ou accordéon

Deux artistes assurent alternativement l’animation La Poste à travers chants (sur la base de la même prestation) que propose le Musée de La Poste : Nicolas Francart, qui s’accompagne à la guitare, et Crystel Galli, qui joue de l’accordéon. En liaison avec l’école de musique ACP la Manufacture Chanson, les deux musiciens sont également à l’origine de la création du spectacle.

http://www.manufacturechanson.org/

Recevez les billets du blog par courriel :