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Napoléon, les Cent-Jours,Waterloo… et le télégraphe Chappe

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Si Bonaparte Premier Consul fait fermer les lignes Chappe pour mettre fin aux désordres révolutionnaires, Napoléon Empereur des Français les fait rouvrir : les lignes impériales prennent alors une dimension européenne. Mais les contraintes d’emploi font qu’il ne les privilégiera pas pour ses campagnes militaires.

La communication a manqué à Napoléon lors de la bataille de Waterloo. Alors que durant les Cent-Jours, elle lui avait été favorable. Notamment grâce au télégraphe Chappe, un moyen de transmission qu’il avait selon les périodes freiné ou développé.

Waterloo, 18 juin 1815… S’il n’avait pas plu, si l’empereur avait été plus en forme, si Murat avait été présent, si les messages pour Ney avaient été mieux transmis… A 22 heures, la bataille est terminée : les – nombreux – coalisés ont vaincu l’armée de Napoléon. « Waterloo, morne plaine », dira plus tard Hugo… Waterloo, ou plutôt Lasne, Braine-l’Alleud et Genappe, les trois villages où s’est vraiment déroulée la bataille. En France, on l’appellera longtemps celle du Mont-Saint-Jean, en référence au lieu-dit même des combats. Et en Allemagne, celle de la Belle-Alliance, du nom « prédestiné » de l’endroit où les deux généraux en chef vainqueurs – Wellington et Blücher – se sont retrouvés après leur victoire. Napoléon abdiquera quatre jours plus tard, le 22 juin.

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Timbre « 1793-1993 télégraphe Chappe », dessiné par Jean-Paul Véret-Lemarinier, gravé par Raymond Coatantiec.

Si le télégraphe Chappe n’a pas eu de rôle notable au moment de la bataille, durant les Cent-Jours ce moyen de transmission que Napoléon avait – selon les périodes – contribué à développer (l’un des frères Chappe, Abraham, fut même nommé en 1805 directeur des télégraphes auprès de la Grande Armée), joua un rôle relativement important. C’est par exemple par une dépêche télégraphique que le gouvernement a été informé du retour de l’empereur et de son débarquement à Golfe-Juan. Heure par heure, la progression de Napoléon a ainsi pu être suivie.

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Timbre « Conférence Internationale Télégraphique et Téléphonique », 1949, dessiné et gravé par Achille Ouvré.

Le baron de Vitrolles fait alors télégraphier au frère du roi un message qui montre bien l’inquiétude du souverain : « Sa majesté ordonne qu’il parte tous les jours deux estafettes pour Paris, avec tous les détails qu’on aura pu réunir et que les dépêches télégraphiques se succèdent sans cesse les unes aux autres. » Et le 21 mars, autre dépêche, émanant cette fois du duc de Bassano et adressée à tous les préfets : « S.M. l’Empereur est entrée à Paris hier, à huit heures du soir, à la tête des troupes qui, le matin, avaient été envoyées contre elle, et aux acclamations d’un peuple immense. » Trois mois plus tard, l’enthousiasme retombait…

Rodolphe Pays

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