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Miss.Tic et Ben s’exposent à la galerie parisienne GZ

Exposée à plusieurs reprises au Musée de La Poste, créatrice de timbres, Miss.Tic présente actuellement une trentaine de ses œuvres au sein de la galerie GZ, dans le 8e arrondissement de Paris. Elle partage le lieu avec Ben, autre grand des mots et du graphisme, lui-aussi concepteur de timbres.

A Paris, Miss.Tic travaille toujours dans la rue. Plus clandestinement comme auparavant (les amendes sont lourdes… ), mais sans rien concéder pour autant – ni sur le fond, ni sur la forme – aux autorisations octroyées. Elle réalise ainsi parfois des fresques ou des pochoirs à l’invitation de communes, comme récemment à Saint-Denis ou Issy-les-Moulineaux. Mais, le plus souvent, elle doit la présence urbaine de son travail à ses demandes auprès de commerçants.

« J’essuie beaucoup plus de refus que je n’obtiens d’accords, s’amuse-t-elle, si en général l’idée d’accueillir une de mes créations est jugée bonne, elle est considérée comme encore meilleure si l’œuvre en question est hébergée par le mur du voisin. » Issus de la rue ou réalisés dans son atelier du XIIIe arrondissement de Paris, les travaux de Miss.Tic sont aussi régulièrement accrochés dans des galeries de la capitale.

Près d’une trentaine d’entre eux vient d’être suspendue aux cimaises de la galerie GZ. En plein cœur d’un quartier pour le moins institutionnel : rue de Miromesnil (garde des Sceaux de Louis XVI dont on serait curieux de savoir le regard qu’il porterait sur les œuvres de l’artiste), à deux pas de l’Elysée. Pas de surprise, si Miss.Tic est un « animal » un peu sauvage, elle n’a rien d’un caméléon et ne se fond décidément pas dans le paysage.

La soif de justice, le goût de prendre toutes les libertés, la nécessité vitale de l’art, la provocation délibérée, la détestation des faux-semblant, et toujours l’humour sont encore une fois proclamés dans cet accrochage. D’abord avec des mots, dont Miss.Tic continue de jouer, qu’elle assène, dont elle use pour parvenir à ses fins (faims ?). Et puis, indissociables, avec des images, en noir et blanc, en couleurs, précises, rebelles, sensuelle, amusées…

Miss.Tic partage aussi le lieu avec Ben, un autre grand, un autre amoureux des mots et du graphisme. Il présente ainsi de son côté au sein de la galerie une vingtaine d’œuvres. Sur ses thèmes de toujours : l’ego, le doute, la mort, le sexe… Un voisinage idéal.

Autre point commun entre les deux artistes : l’un et l’autre ont dessiné des timbres pour La Poste (des maquettes originales des timbres conçus par Miss.Tic ont même été présentées dans le cabinet des Trésors du Musée de La Poste). Et si Miss.Tic, avec plusieurs autres street artistes, a déjà été exposée au musée, Ben lui ne l’a encore jamais été. Peut-être une idée à creuser dans le sillage de la réouverture après travaux du musée…

Rodolphe Pays

Miss.Tic et Ben, jusqu’au 5 juillet à la Galerie GZ, 19 rue de Miromesnil, Paris 8e.

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