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Mars 1815 : les Cents-Jours de Napoléon… et d’Antoine de Lavalette, son Directeur Général des Postes

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Un timbre en hommage à Antoine de Lavalette a été émis en 1954 à l’occasion de la Journée du Timbre.

Il y a tout juste deux siècles, le 1er mars 1815, Napoléon débarque en Provence. C’est le début des Cent-Jours. Cent jours aussi pour celui qui fut de 1804 à 1814 son Directeur Général des Postes, Antoine de Lavalette.

Un timbre avait honoré en 1954 la mémoire de ce fidèle de l’empereur. Un autre aurait tout aussi bien pu être émis pour rendre hommage à son héroïque épouse…

Paris, 21 novembre 1815. Antoine Marie Chamans de Lavalette vient d’être condamné à mort. En se retirant, il salue les nombreux employés de la Poste « appelés » à témoigner contre lui.

Lavalette avait été leur patron quelques mois auparavant : depuis qu’apprenant le débarquement de Napoléon en Provence et le début de ce qui deviendra les Cent-Jours, il s’était présenté le 20 mars 1815 à l’Administration des Postes pour y retrouver la fonction qu’il y avait occupée de 1804 à 1814, celle de Directeur Général des Postes. Son prédécesseur, le comte Ferrand, pressé de s’enfuir, demande même alors à Lavalette de signer son passeport…

La défaite de Waterloo le 18 juin 1815 viendra interrompre ce second mandat. Arrêté un mois plus tard, il est conduit à la Conciergerie. Accusé de conspiration contre l’Etat et d’usurpation de fonctions, et après un procès agité, il est condamné à la peine capitale.

Mais la veille de son exécution, son épouse, Emilie de Lavalette (la nièce de Joséphine de Beauharnais) organise son évasion. Lui rendant visite avec leur fille dans sa geôle, elle lui donne ses vêtements, et Lavalette se faisant passer pour sa femme trompe la vigilance des gardiens et parvient à s’enfuir.

Découvrant la supercherie, et redoutant les conséquences de sa bévue, le concierge eut ces mots à l’adresse d’Emilie de Lavalette : « Ah, Madame, vous m’avez perdu ! » Avec la complicité d’officiers anglais, Lavalette gagnera alors ensuite la Belgique, puis la Bavière, où il résidera plusieurs années avec l’aide de la famille de Beauharnais.

Gracié en 1822, Antoine de Lavalette rentrera à Paris où il retrouvera son épouse. Celle-ci, après sa détention pour avoir aidé son mari à s’évader, puis le décès de sa fille, et semble-t-il l’infidélité de son mari durant son exil, avait perdu la raison.

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Bas-relief de la tombe des époux Lavalette représentant l’évasion d’Antoine de Lavalette.

Lavalette meurt le 15 février 1830. Emilie le 18 juin 1855. Ils reposent au cimetière du Père-Lachaise.

Rodolphe Pays

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