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Ludo, un des artistes de l’exposition « Au-delà du street art » : l’acte, peut-être même plus que l’image...

Portrait.

Comme beaucoup de ses « collègues » street artistes, Ludo a commencé son parcours artistique par le tag. Le gamin, nourri au skate et aux magazines des années 1980, de préférence en noir et blanc ou à une seule couleur, et aussi aux vieux flyers rock et punk, a ensuite fait socio (jusqu’en licence). Et puis une école de design et de communication. En Italie. « Pour s’éloigner un peu », raconte-t-il. Une influence que l’on retrouve dans le côté « techno » de ses dessins. Pour trouver les bonnes perspectives, Ludo s’appuie en effet volontiers sur les apprentissages de sa formation transalpine.

L’univers qu’il a créé - des espèces originales de fleurs, d’insectes... -, dominé par le vert (« j’aime le vert, et en même temps je le trouve désagréable, la palette d’une couleur permet tant de choses, c’est suffisant »), c’est la nature combinée avec le chaos, la mécanique, la robotique... Pas étonnant que l’artiste apprécie grandement les films de David Cronenberg. Ludo n’est pas « écolo » au sens strict pour autant. Son idée, c’est d’abord que l’on n’est pas grand-chose par rapport à la nature. Ses créatures hybrides, mêlant univers minéral et végétal, interrogent sur la place de l’homme dans l’environnement. Ainsi pour lui, placer une abeille verte de dix mètres de haut dans la rue, « ça remet les choses en place ».

Une autre facette du travail de Ludo porte sur le détournement publicitaire. « Coller des tableaux sur les panneaux des annonceurs, ce n’est pas forcément anti-pub, explique-t-il, c’est aussi utiliser des espaces disponibles, parfois avec de belles lumières, comme dans les abribus ». La rue, Ludo ne semble pas près de la quitter. Il considère même que c’est le repérage, la préparation et au final l’acte qui importe. « Peut-être même plus que l’image… » (RP)

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