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Lettre provenant de l’accident de Guillaumet dans la Cordillère des Andes, 1930

Sous l’égide de Marcel Bouilloux-Lafont (1871-1944), Président de la Compagnie Générale Aéropostale, la ligne postale aérienne France - Amérique du Sud se construit. Le premier courrier régulier en Amérique du Sud est effectué de Rio de Janeiro à Buenos Aires en novembre 1927. La ligne devait se prolonger jusqu’à Santiago du Chili, le rêve de Pierre-Georges Latécoère (1883-1943). Mermoz (1901-1936), chef pilote pour l’Amérique du Sud et son mécanicien Collenot effectuent des vols de reconnaissance de Buenos Aires à Santiago en survolant la Cordillère des Andes.

Mais après plusieurs tentatives, avec leur avion Laté 25, ils ne parviennent pas à franchir la Cordillère dont le principal sommet culmine à près de 7000 mètres. Le Laté 25 a un plafond limité à 4000 mètres. Aussi, on décide d’utiliser un autre type d’avion, le Potez 25. Cet appareil extrêmement robuste, dont le plafond est de 7400 mètres, permet de franchir les cols à 4000/5000 mètres en toute sécurité. Le 18 juillet 1929, Mermoz et Guillaumet (1902-1940) assurent la première liaison postale Chili - Argentine. La ligne est enfin défrichée. Puis le 3 septembre 1929, Guillaumet, accompagné de Didier Daurat (1891-1969), directeur d’exploitation de l’Aéropostale, transporte le premier courrier officiel Argentine - Chili. Guillaumet assurera désormais seul, la liaison postale régulière Argentine - Chili et retour pendant plusieurs années. Ces vols présentent de grandes difficultés. Mendoza est une escale indispensable pour changer d’avion afin de pouvoir survoler la chaîne montagneuse avec une sécurité suffisante.

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Saint-Exupéry et Guillaumet
devant un Laté 28 de la Compagnie Générale Aéropostale, photographie (Collection Musée Air France) (N° 2118/18)
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Correspondance de Santiago du Chili du 5 juin 1930
récupérée dans le sac de courrier resté dans le Potez 25 accidenté de Guillaumet jusqu’à la fonte des neiges, en décembre 1930. Griffe noire « Retard dû au service ». (Ancienne collection Bergier, Inv. 2003.55.1)

Intérêt de la pièce :

Le 12 juin 1930, Guillaumet tente de traverser la Cordillère des Andes, mais revient à Santiago à cause du très mauvais temps. C’est la 92e traversée. Le lendemain vendredi 13 juin, nouvelle tentative mais le Potez 25 F-AJDZ est pris dans une tempête de neige et plaqué au sol par des vents rabattants, Guillaumet tente un atterrissage dans une vallée à 3500 mètres d’altitude : la Laguna Diamante. Avec l’épaisseur de neige, l’atterrissage se termine par un capotage. Guillaumet attend une journée mais les avions partis à sa recherche ne peuvent repérer le Potez 25 couvert de neige.

Guillaumet décide alors de marcher vers l’Est, en direction de l’Argentine. Il marche pendant cinq jours et quatre nuits avant d’être recueilli par un paysan qui signale à la police locale cet homme tombé du ciel. Saint-Exupéry, averti par les autorités de Mendoza, saute dans son avion va retrouver son ami et le ramène le 20 juin à Mendoza. Après trois semaines de repos, Guillaumet reprend son service sur la Cordillère. Il faut que le courrier passe. L’avion, le Potez 25 et le courrier ne furent récupérés qu’en décembre 1930. Une griffe d’accident « RETARD DU AU SERVICE » en noire est apposée sur les lettres. Moins de 15 lettres sont connues avec six griffes différentes.

L’accident de Guillaumet est relaté par Saint-Exupéry (1900-1944) dans son ouvrage « Terre des Hommes » publié en 1939 chez Gallimard.« Tu avais disparu depuis cinquante heures, en hiver, au cours d’une traversée des Andes. Rentrant du fond de la Patagonie, je rejoignis le pilote Deley à Mendoza. L’un et l’autre, cinq jours durant, nous fouillâmes, en avion, cet amoncellement de montagnes, mais sans rien découvrir. Nos deux appareils ne suffisaient guère. Il nous semblait que cent escadrilles, naviguant pendant cent années, n’eussent pas achevé d’explorer cet énorme massif dont les crêtes s’élèvent jusqu’à sept mille mètres. Nous avions perdu tout espoir. Les contrebandiers mêmes, des bandits qui, là-bas, osent un crime pour cinq francs, nous refusaient d’aventurer, sur les contreforts de la montagne, des caravanes de secours : « Nous y risquerions notre vie », nous disaient-ils. « Les Andes, en hiver, ne rendent point les hommes ». Lorsque Deley ou moi atterrissions à Santiago, les officiers chiliens, eux aussi, nous conseillaient de suspendre nos explorations. « 

C’est l’hiver. Votre camarade, si même il a survécu à la chute, n’a pas survécu à la nuit. La nuit, làhaut, quand elle passe sur l’homme, elle le change en glace. » Et lorsque, de nouveau, je me glissais entre les murs et les piliers géants des Andes, il me semblait, non plus te rechercher, mais veiller ton corps, en silence, dans une cathédrale de neige. Enfin, au cours du septième jour, tandis que je déjeunais entre deux traversées, dans un restaurant de Mendoza, un homme poussa la porte et cria, oh ! Peu de chose :

–  Guillaumet...vivant !

Et tous les inconnus qui se trouvaient là s’embrassèrent. Dix minutes plus tard, j’avais décollé, ayant chargé à bord deux mécaniciens, Lefebvre et Abri. Quarante minutes plus tard, j’avais atterri le long d’une route, ayant reconnu, à je ne sais quoi, la voiture qui t’emportait je ne sais où, du côté de San Raphaël. Ce fut une belle rencontre, nous pleurions tous, et nous t’écrasions dans nos bras, vivant, ressuscité, auteur de ton propre miracle. C’est alors que tu exprimas, et ce fut ta première phrase intelligible, un admirable orgueil d’homme : « Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. » Plus tard tu nous racontas l’accident.

Une tempête qui déversa cinq mètres d’épaisseur de neige, en quarante-huit heures, surle versant chilien des Andes, bouchant tout l’espace, les Américains de la Pan-Air avaient fait demi-tour. Tu décollais pourtant à la recherche d’une déchirure dans le ciel. Tu le découvrais un peu plus au sud, ce piège, et maintenant, vers six mille cinq cent mètres, dominant les nuages qui ne plafonnaient qu’à six mille, et dont émergeaient seules les hautes crêtes, tu mettais le cap sur l’Argentine. Les courants descendants donnent parfois aux pilotes une bizarre sensation de malaise. Le moteur tourne rond, mais l’on s’enfonce. On cabre pour sauver son altitude, l’avion perd sa vitesse et devient mou : on s’enfonce toujours. On rend la main, craignant maintenant d’avoir trop cabré, on se laisse dériver sur la droite ou la gauche pour s’adosser à la crête favorable, celle qui reçoit les vents comme un tremplin, mais l’on s’enfonce encore. C’est le ciel entier qui semble descendre. On se sent pris, alors, dans une sorte d’accident cosmique. Il n’est plus de refuge. On tente en vain le demi-tour pour rejoindre, en arrière, les zones où l’air vous soutenait, solide et plein comme un pilier. Mais il n’est plus de pilier. Tout se décompose, et l’on glisse dans un délabrement universel vers le nuage qui monte mollement, se hausse jusqu’à vous, et vous absorbe.

« J’avais déjà failli me faire coincer, nous disais-tu, mais je n’étais pas convaincu encore. On rencontre des courants descendants au-dessus de nuages qui paraissent stables, pour la simple raison qu’à la même altitude ils se recomposent indéfiniment. Tout est si bizarre en haute montagne... » Et quels nuages !... « Aussitôt pris, je lâchai les commandes, me cramponnant au siège pour ne point me laisser projeter au-dehors. Les secousses étaient si dures que les courroies me blessaient aux épaules et eussent sauté. Le givrage, de plus, m’avait privé net de tout horizon instrumental et je fus roulé comme un drapeau, de six mille à trois mille cinq. « A trois mille cinq j’entrevis une masse noire, horizontale, qui me permit de rétablir l’avion. C’était un étang que je reconnus : la Laguna Diamante. Je la savais logée au fond d’un entonnoir, dont un des flancs, le volcan Maipu, s’élève à six mille neuf cent mètres. Quoique délivré du nuage, j’étais encore aveuglé par d’épais tourbillons de neige, et ne pouvais lâcher mon lac sans m’écraser contre un des flancs de l’entonnoir. Je tournai donc autour de la Lagune, à trente mètres d’altitude, jusqu’à la panne d’essence.

Après deux heures de manège, je me posai et capotai. Quand je me dégageai de l’avion, la tempête me renversa. Je me rétablis sur mes pieds, elle me renversa encore. J’en fus réduit à me glisser sous la carlingue et à creuser un abri dans la neige. Je m’enveloppai là de sacs postaux et, quarante-huit heures durant, j’attendis.

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Potez 25 F-AJDZ de Guillaumet accidenté dans la Cordillère des Andes, Laguna Diamante
L’appareil est récupéré à la fonte des neiges en décembre 1930. Il est démonté et rapporté en Argentine où il sera réparé. Il sera remis en service sur la ligne. (Collection Musée Air France, Inv.855)
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Avion Potez 25 F-AJDZ de Guillaumet
Relevage de l’avion en décembre 1930 accidenté en juin, photographie (Collection Musée Air France)

« Après quoi, la tempête apaisée, je me mis en marche. Je marchai cinq jours et quatre nuits. » Mais que restait-il de toi, Guillaumet ? Nous te retrouvions bien, mais calciné, mais racorni, mais rapetissé comme une vieille ! Le soir même, en avion, je te ramenais à Mendoza où des draps blancs coulaient sur toi comme un baume. Mais ils ne te guérissaient pas. Tu étais encombré de ce corps courbatu, que tu tournais et retournais, sans parvenir à le loger dans le sommeil. Ton corps n’oubliait pas les rochers ni les neiges. Ils te marquaient. J’observais ton visage noir, tuméfié, semblable à un fruit blet qui a reçu des coups. Tu étais très laid, et misérable, ayant perdu l’usage des beaux outils de ton travail : tes mains demeuraient gourdes, et quand, pour respirer, tu t’asseyais sur le bord de ton lit, tes pieds gelés pendaient comme deux poids morts. Tu n’avais même pas terminé ton voyage, tu haletais encore, et, lorsque tu te retournais contre l’oreiller, pour chercher la paix, alors une procession d’images que tu ne pouvais retenir, une procession qui s’impatientait dans les coulisses, aussitôt se mettait en branle sous ton crâne. Et elle défilait. Et tu reprenais vingt fois le combat contre des ennemis qui ressuscitaient de leurs cendres. Je te remplissais de tisanes :

–  Bois, mon vieux !

–  Ce qui m’a le plus étonné...tu sais...

Boxeur vainqueur, mais marqué des grands coups reçus, tu revivais ton étrange aventure. Et tu t’en délivrais par bribes. Et je t’apercevais, au cours de ton récit nocturne, marchant, sans piolet, sans cordes, sans vivres, escaladant des cols de quatre mille cinq cents mètres, ou progressant le long de parois verticales, saignant des pieds, des genoux et des mains, par quarante degrés de froid. Vidé peu à peu de ton sang, de tes forces, de ta raison, tu avançais avec un entêtement de fourmi, revenant sur tes pas pour contourner l’obstacle, te relevant après les chutes, ou remontant celles des pentes qui n’aboutissaient qu’à l’abîme, ne t’accordant enfin aucun repos, car tu ne te serais pas relevé du lit de neige.

Et, en effet, quand du glissais, tu devais te redresser vite, afin de n’être point changé en pierre. Le froid te pétrifiait de seconde en seconde, et, pour avoir goûté, après la chute, une minute de repos de trop, tu devais faire jouer, pour te relever, des muscles morts. Tu résistais aux tentations. « Dans la neige, me disais-tu, on perd tout instinct de conservation. Après deux, trois, quatre jours de marche, on ne souhaite plus que le sommeil. Je le souhaitais. Mais je me disais : Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi. Et je suis un salaud si je ne marche pas. » Et tu marchais, et, de la pointe du canif, tu entamais, chaque jour un peu plus, l’échancrure de tes souliers, pour que tes pieds qui gelaient et gonflaient y pussent tenir.

Tu m’as fait cette étrange confidence : « Dès le second jour, vois-tu, mon plus gros travail fut de m’empêcher de penser. Je souffrais trop, et ma situation était par trop désespérée. Pour avoir le courage de marcher, je ne devais pas la considérer. Malheureusement, je contrôlais mal mon cerveau, il travaillait comme une turbine. Mais je pouvais lui choisir encore ses images. Je l’emballais sur un film, sur un livre. Et le film ou le livre défilait en moi à toute allure. Puis ça me ramenait à ma situation présente. Immanquablement. Alors je le lançais sur d’autres souvenirs... »

Une fois cependant, ayant glissé, allongé à plat ventre dans la neige, tu renonças à te relever. Tu étais semblable au boxeur qui, vidé d’un coup de toute passion, entend les secondes tomber une à une dans un univers étranger, jusqu’à la dixième qui est sans appel. « J’ai fait ce que j’ai pu et je n’ai point d’espoir, pourquoi m’obstiner dans ce martyre ? ». Il te suffisait de fermer les yeux pour faire la paix dans le monde. Pour effacer du monde les rocs, les glaces et les neiges. A peine closes, ces paupières miraculeuses, il n’était plus ni coups, ni chutes, ni muscles déchirés, ni gel brûlant, ni ce poids de la vie à traîner quand on va comme un boeuf, et qu’elle se fait plus lourde qu’un char. Déjà, tu le goûtais, ce froid devenu poison, et qui, semblable à la morphine, t’emplissait maintenant de béatitude. Ta vie se réfugiait autour du coeur. Quelque chose de doux et de précieux se blottissait au centre de toi-même. Ta conscience peu à peu abandonnait les régions lointaines de ce corps qui, bête jusqu’alors gorgée de souffrances, participait déjà de l’indifférence du marbre. Tes scrupules mêmes s’apaisaient. Nos appels ne t’atteignaient plus, ou plus exactement, se changeaient pour toi en appels de rêve. Tu répondais heureux par une marche de rêve, par de longues enjambées faciles, qui t’ouvraient sans efforts les délices des plaines. Avec quelle aisance tu glissais dans un monde devenu si tendre pour toi !

Ton retour, Guillaumet, tu décidais, avare, de nous le refuser. Les remords vinrent de l’arrière-fond de ta conscience. Au songe se mêlaient soudain des détails précis. « Je pensais à ma femme. Ma police d’assurance lui épargnerait la misère. Oui, mais l’assurance... » Dans le cas d’une disparition, la mort légale est différée de quatre années. Ce détail t’apparut éclatant, effaçant les autres images. Or tu étais étendu à plat ventre sur une forte pente de neige. Ton corps, l’été venu, roulerait avec cette boue vers une des milles crevasses des Andes. Tu le savais. Mais tu savais aussi qu’un rocher émergeait à cinquante mètres devant toi : « J’ai pensé : Si je me relève, je pourrai peut-être l’atteindre. Et si je cale mon corps contre la pierre, l’été venu on le retrouvera. »

Une fois debout, tu marchas deux nuits et trois jours. Mais tu ne pensais guère aller loin : « Je devinai la fin à beaucoup de signes. Voici l’un d’eux. J’étais contraint de faire halte toutes les deux heures environ, pour fendre un peu plus mon soulier, frictionner de neige mes pieds qui gonflaient, ou simplement pour laisser reposer mon coeur. Mais vers les derniers jours je perdais la mémoire. J’étais reparti depuis longtemps déjà, lorsque la lumière se faisait en moi : j’avais chaque fois oublié quelque chose. La première fois, ce fut un gant, et c’était grave par ce froid ! Je l’avais déposé devant moi et j’étais reparti sans le ramasser. Ce fut ensuite ma montre. Puis mon canif. Puis ma boussole. A chaque arrêt je m’appauvrissais...

« Ce qui sauve c’est de faire un pas. Encore un pas. C’est toujours le même pas que l’on recommence... » « Ce que j’ai fait, je le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. » Cette phrase, la plus noble que je connaisse, cette phrase qui situe l’homme, qui l’honore, qui rétablit les hiérarchies vraies, me revenait à la mémoire. Tu t’endormais enfin, ta conscience était abolie, mais de ce corps démantelé, fripé, brûlé, elle allait renaître au réveil, et de nouveau le dominer. Le corps, alors, n’est plus qu’un bon outil, le corps n’est plus qu’un serviteur. Et, cet orgueil du bon outil, tu savais l’exprimer aussi, Guillaumet :

« Privé de nourriture, tu t’imagines bien qu’au troisième jour de marche...mon coeur, ça n’allait plus très fort...Eh bien, le long d’une pente verticale, sur laquelle je progressais, suspendu au-dessus du vide, creusant des trous pour loger mes poings, voilà que mon coeur tombe en panne. Ça hésite, ça repart. Ça bat de travers. Je sens que s’il hésite une seconde de trop, je lâche. Je ne bouge plus et j’écoute en moi. Jamais, tu m’entends ? Jamais en avion je ne me suis senti accroché d’aussi près à mon moteur, que je ne me suis senti, pendant ces quelques minutes-là, suspendu à mon coeur. Je lui disais : Allons, un effort ! Tâche de battre encore...Mais c’était un coeur de bonne qualité ! Il hésitait, puis repartait toujours...Si tu savais combien j’étais fier de ce coeur ! »

Dans la chambre de Mendoza où je te veillais, tu t’endormais enfin d’un sommeilessoufflé. Et je pensais : Si on lui parlait de son courage, Guillaumet hausserait les épaules. Mais on le trahirait aussi en célébrant sa modestie. Il se situe bien au-delà de cette qualité médiocre. S’il hausse les épaules, c’est par sagesse. Il sait qu’une fois pris dans l’événement, les hommes ne s’en effraient plus. Seul l’inconnu épouvante les hommes. Mais, pour quiconque l’affronte, il n’est déjà plus l’inconnu. Surtout si on l’observe avec cette gravité lucide. Le courage de Guillaumet, avant tout, est un effet de sa droiture. Sa véritable qualité n’est point là. Sa grandeur, c’est de se sentir responsable. Responsable de lui, du courrier et des camarades qui espèrent. Il tient dans ses mains leur peine ou leur joie. Responsable de ce qui se bâtit de neuf, là-bas, chez les vivants, à quoi il doit participer. Responsable un peu du destin des hommes, dans la mesure de son travail. »

Saint-Exupéry, Terre des Hommes, éditions Gallimard, 1939, chapitre 2, pp.44-54

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Carnet de vol de Guillaumet n° 912
avec la mention de son accident sur le parcours Santiago du Chili - Laguna Diamante, 3 h 35, le 13 juin 1930 « Atterrissage en pleine Cordillère. Capotage. Violente tempête de neige. Retour à pied le 19/6/30 » Collection Musée Air France, Inv. D.596
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Potez 25
Timbre de poste aérienne Dessin de Jame’s Prunier Impression : héliogravure Emission en vente générale : 15 juillet 1998 (Réf. n° Yvert 62 PA)

Bibliographie :

La poste aérienne française, Icare, volume 1, n° 173, 2000/2, pp.85 86

Patrimoine du timbre-poste français, volume 2, éd. Flohic, 1999, p.1257

Henri Guillaumet, Icare, n° 162, 1997/3

Collot et Cornu, Ligne Mermoz, 1990, éd. Sinais, pp.156-157

Sites internet :

http://www.latecoere.com

http://www.gallimard.fr

http://www.airfrancemusee.org

Remerciements au Musée Air France (Hèlène Le Guernevé, Pascale Monmarson) et Gérard Collot.