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Lettre de Québec, Nouvelle-France, du 1er août 1685 à destination de Paris

Louis XIV décide en 1663 de doter la colonie de la Nouvelle–France d’institutions semblables à celles des provinces françaises en lui attribuant un gouverneur, un intendant et un conseil souverain (parlement). Ces institutions demeureront jusqu’en 1760.

La majorité des colons établis au XVIIe siècle étaient originaires des provinces françaises de Normandie, Bretagne, Poitou, Aunis, Saintonge et Ile de France. La population s’accroît grâce aux efforts de peuplement consentis par la France de 1665 à 1672 et grâce au taux de natalité très élevé du pays. En 1688, la colonie compte 11 000 personnes. Elle s’étend du golfe du Saint-Laurent jusqu’au-delà du Lac supérieur et de la Baie d’Hudson au Golfe du Mexique. Mais on ne peut utiliser le Saint-Laurent que pendant six mois de l’été et la colonie est coupée de l’Europe le reste de l’année.

Pour correspondre, les habitants de la Nouvelle-France profite de la belle saison pour rédiger leur courrier, souvent en de multiples exemplaires et l’envoie par des bateaux différents. En moyenne, la traversée dans le sens Québec - France durait 36 jours et 62 jours dans l’autre sens.

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Lettre de Québec, Nouvelle-France
du 1er août 1685 à destination de Paris. (Inv. PO MO 995.30)

Intérêt de la pièce :

Jusqu’en 1760, il n’existe pas de service postal organisé, le courrier est transmis grâce à la complaisance des voyageurs, des messagers privés ou des capitaines de navire. En conséquence, aucune marque postale n’apparaît sur les plis. Il ne reste qu’une infime partie des correspondances ayant circulé entre la Nouvelle-France et la métropole. Aucune taxe n’est prélevée pour le transport du Canada vers la France. Le port est calculé uniquement du port de débarquement au lieu de destination. Considérant les incertitudes du transport, la majorité des lettres sont transmises en duplicata voire triplicata par d’autres navires. Ainsi, cette lettre de Québec du 1er août 1685 à destination de Paris est reçue le 20 septembre (une mention est inscrite par le destinataire au dos de la correspondance). Arrivée au port de débarquement, La Rochelle, la lettre est taxée 5 sols pour son trajet jusqu’à Paris selon le tarif postal de 1676. L’expéditeur expose dans sa lettre la situation des communications de l’époque : « Nouvelle France, le jour de la Saint-Martin, 1685. Je vous ay écrit il y a 3 jours une lettre datée du mesme que celle icy parceque les navires ne partent que dans ce temps là (...) Je vous envoye seurement et secrétement le duplicata de la lettre (...) La grâce que je vous demande c’est de m’en escrire jamais comme plaintif et en colère. Le mot du Guay pour me tirer de peines que vous l’avez receue, c’est de me mander que vous avez receu mes lettres du jour de la Saint-Martin ». Une seconde lettre identique de la même date est également connue dans une collection privée (ex-collection Steinhart, Toronto).

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Verso de la lettre
Mention du destinataire sur l’arrivée de la lettre : « 1685. Nouvelle France, Québec, le 20 septembre 1685 » (Inv. PO MO 995.30)

Bibliographie :

C.Amyot, B. Gendreau, J.Willis, sous la direction de F. Brousseau, Livraison spéciale, l’héritage postal canadien, éditions du Boréal, Musée canadien des civilisations, Québec, 2000

M. Chauvet, Introduction à l’Histoire postale, des origines à 1749, volume 1 et 2, éd. Brun et fils, Paris, 2000

E. Harrison Jane, Adieu pour cette année, correspondance au Canada, 1640-1830, Musée canadien des civilisations, éditions XYZ, Québec, 1997

France-Canada au Musée de La Poste, Trois siècles de relations épistolaires, Documents philatéliques, Revue de l’Académie de philatélie, supplément au n° 149, Paris, 1996, reprod. p.22

M. Jamet, 150 ans d’histoire postale des anciennes colonies françaises, 1700 –1860, Paris, 1980, reprod.p.186