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Lettre de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) pour la métropole affranchie à 10,50 F avec des timbres de la première émission de France, 1853

Le 1er janvier 1849, la réforme postale se met en place avec l’apparition des premiers timbres-poste français. Le 13 juin 1851, le ministre de la Marine et des colonies propose au gouverneur de la Guadeloupe : « L’usage des timbres-poste qui sont usités en France, pour faciliter, dans les colonies, l’affranchissement des lettres destinées à la France ou aux pays étrangers auxquels la France sert d’intermédiaire ». Les timbres (métropolitains) de 10 c, 25c et 1 F seront mis en vente à titre d’essai, pour le règlement volontaire des frais de port (payés d’avance) des lettres pour la France et pour l’Europe.

Ces correspondances seront acheminées soit par paquebots poste britanniques, soit par voie des bâtiments de commerce français ». Un premier contingent de timbres-poste est envoyé en Guadeloupe le 14 août 1851. Il comprend : 2500 timbres 10 c Cérès (Yvert n° 1), 9000 timbres 25 c Cérès (Yvert n° 4) et 5000 timbres 1 F Cérès (Yvert n° 6). Un second envoi, sans doute similaire est réalisé fin août 1852. Mais cet essai ne dure que deux ans. Un rapport de l’administration des postes signale les difficultés rencontrées auprès des usagers pour faire admettre ce mode de paiement d’avance. De plus, des difficultés de comptabilité s’élèvent entre les administrations métropolitaines et coloniales. Ce n’est qu’en novembre 1859 que la Guadeloupe utilisera ses premiers timbres des colonies générales, au type Aigle.

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Lettre de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, de 1853 pour la métropole
avec un affranchissement spectaculaire à 10,50 F de la première émission de France. (Dation Zoummeroff, Inv.2008.0.90)


Intérêt de la pièce : l’affranchissement

Cette lettre de Pointe-à-Pitre du 20 mai 1853 est adressée à la maison de commerce Beuscher, 277, rue Saint-Denis, à Paris. Lettre pesante, elle est affranchie à 10, 50 F, soit 7 fois le port simple. Elle utilise la voie anglaise (par steamer). Le tarif par cette voie est de 1,50 F par 7,5 grammes. L’expéditeur utilise deux timbres Cérès à 25 c et dix timbres à 1F Cérès, dont une bande de sept timbres. Cet affranchissement est spectaculaire et unique. Le bureau de Pointe-à-Pitre a apposé son timbre à date d’origine ainsi que le cachet (PD encadré) indiquant bien que le port est payé jusqu’à destination. La lettre est frappée du cachet d’entrée (Angleterre/Calais). Les timbres sont annulés à l’arrivée en France, comme le prévoit l’instruction des Postes du 28 novembre 1851. Les timbres sont exceptionnellement oblitérés par le cachet du bureau ambulant Paris - Calais, 2e (PC2).

Bibliographie :

Catalogue de l’exposition des 100 timbres et documents philatéliques parmi les plus rares du monde, Club de Monte-Carlo, Monaco, 2002, p.31

P. Rebouillat, Trois siècles d’aventures postales en Guadeloupe, à compte d’auteur, 1983

M. Jamet, 150 ans d’histoire postale des anciennes colonies françaises, 1780-1860, éd. Jamet, Paris, 1980

L. Dubus, P. Pannetier, A. Marchand, La Guadeloupe, les correspondances des colonies-françaises avec timbres des émissions générales, éd. Marchand, Paris, 1958

Tous les ouvrages sont consultables à la bibliothèque du Musée de La Poste.