Afficher le menu Masquer le menu

Les « insolites » du Musée de La Poste : trois hommes dans un ballon… et un pigeon

Il s’agit d’une des pièces les plus étonnantes du Musée de La Poste : un pigeon voyageur achemineur de courrier lors du siège de Paris de 1870. Parcours d’un héros anonyme.

C’est un héros que le Musée de La Poste a longtemps présenté au sein de ses collections. Et il le sera à nouveau à l’issue des travaux de transformation du musée. Un héros anonyme, comme ses congénères avec lesquels il a parcouru les 36 kilomètres qui séparent Paris de Luzarches, près de Chantilly. C’était le 18 novembre 1870.

JPEG - 16.3 ko
Timbre « Centenaire de la Poste par ballons montés », dessiné et gravé par Pierre Béquet (1971).

Le Général Ulrich, le trentième ballon monté lâché par la Poste pour passer les lignes prussiennes isolant la capitale (au total, 66 de ces ballons ont quitté Paris lors du siège de 1870), prenait son envol peu après 23 heures. A son bord, l’aéronaute Emile Lemoine, trois passagers, 80 kg de courrier… et 34 pigeons voyageurs. Dont notre héros. Le voyage, effectué de nuit pour éviter les tirs prussiens, se déroule sans incident notable, et le ballon atterrit le lendemain matin à 8 heures.

Le pigeon séjournera peu de temps dans ce qui était à l’époque le département de la Seine-et-Oise. Transféré à Orléans, il rejoindra Paris – cette fois par ses propres et naturels moyens – 5 jours plus tard, le 23 novembre… , les rémiges lestées de pigeongrammes, microfilms sur lesquels figurent des milliers de correspondances officielles et privées.

L’acheminement ainsi assuré avec succès par voie des airs, les services de la Poste projettent alors sur écran ces microfilms, recopient à la main les courriers… et en assurent ensuite la distribution. Plusieurs dizaines de ces pigeongrammes transportés par pigeon voyageur permettront ainsi, malgré le blocus prussien, de faire entrer dans Paris un nombre considérable de plis expédiés de toutes les provinces…

Après une disparition de près d’un siècle, le pigeon de Luzarches a resurgi – naturalisé – au milieu des années 1960. A la faveur d’un don au Musée de La Poste. Hubert Cappart, alors président de la Société des Amis du Musée de La Poste (SAMP), avait en effet déniché le mythique volatile chez un collectionneur. L’animal avait une nouvelle fois retrouvé sa maison…

Rodolphe Pays

Authentique et bientôt resplendissant

C’est parce qu’il a été empaillé durant ou juste après le siège de Paris que le « pigeon de Luzarches » a pu être identifié. Ses plumes maîtresses portent en effet l’empreinte de plusieurs cachets apposés à l’époque : celui de son propriétaire, Edouard Cassiers, colombophile qui a fourni de nombreux pigeons aux services de la Poste, accompagné d’un numéro d’immatriculation, timbre à date d’Orléans du 23 novembre 1870, numéro de série des dépêches transportées…

Autant d’informations qui ne seraient plus apparues si le pigeon était mort après sa mue de 1871. En attendant d’être à nouveau présenté au public à la réouverture du musée, l’animal suit actuellement une cure de jouvence auprès d’une restauratrice spécialisée.

Recevez les billets du blog par courriel :