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A l’occasion des Jeux Olympiques de Pékin 2008, le cabinet des Trésors est consacré ce troisième semestre 2008 à une série en taille-douce commémorant les médaillés français des Jeux Olympiques qui se déroulèrent à Helsinki en Finlande, du 19 juillet au 3 août 1952. Dans un climat de guerre froide, ces jeux marquèrent le retour de l’URSS, absente depuis la révolution bolchevique de 1917, ainsi que de l’Allemagne et du Japon, au ban des nations depuis la Seconde Guerre mondiale.

69 Etats et près de 5 000 athlètes prirent part à 149 épreuves dans 17 sports. Le héros incontesté de ces jeux fut le Tchécoslovaque Emil Zapotek, médaillé d’or sur le 5 000 m, le 10 000 m et le marathon. L’année suivant ces Jeux d’été finlandais où la France avait remporté dix huit médailles – six de chaque couleur –, l’administration des Postes émit une série six timbres-poste reprenant les disciplines récompensées par des médailles d’or et d’argent et stylisant les héros français des Jeux, comme Alain Mimoun en athlétisme, le cavalier Pierre Jonquières d’Oriola avec son cheval Ali Baba ou encore son cousin l’épéiste Christian Jonquières d’Oriola, le nageur Jean Boiteux ainsi que les athlètes français de l’aviron et du canoë, champions olympiques par équipe.

Le dessinateur André Jacquemin fut chargé par Pierre Ferri, ministre des Postes, de la réalisation de la série, la gravure de chaque timbre étant confiée à six graveurs différents.

1 - Maquettes de deux timbres-poste de la série des Jeux Olympiques d’Helsinki « Athlétisme » et « Canoë » dessinées par André Jacquemin, 1953

En 1953, l’artiste vosgien André Jacquemin (1904-1992), récent conservateur du musée départemental des Vosges, est choisi par Pierre Ferri pour dessiner les six timbres-poste de la série en hommage aux médaillés français des Jeux Olympiques, jeux qui s’étaient déroulés l’année précédente en Finlande. Travailleur minutieux, André Jacquemin tient à effectuer des études parfaites réalisées à l’encre pour cette commande postale, bien que les athlètes ne doivent pas être reconnaissables sur le timbre produit.

Il prend donc contact avec les athlètes concernés, notamment le Français Alain Mimoun, double médaillé d’argent à Helsinki aux 5 000 m et 10 000 m et l’intouchable Tchèque Emil Zatopek. Le choix de la discipline « Canoë » est quant à lui un hommage particulier aux jeunes sportifs français Georges Turlier et Jean Laudet qui ont remporté le titre olympique en canoë biplace sur 10 000 m.

Les six dessins, tous signés, furent ensuite confiés à six graveurs différents pour être réalisés en taille-douce ; « Athlétisme » fut gravé par Raoul Serres (1881-1971) et « Canoë » par Jules Piel (1882-1978). Des mentions à destination des graveurs furent ajoutées de la main d’André Jacquemin, dont la signature sera modifiée à la gravure, de « Jacquemin inv. » [inventeur] pour « Jacquemin del. » [delineavit, celui qui a dessiné].

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Maquettes des timbres-poste « Athlétisme »
d’André Jacquemin (Inv. 8963)
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Maquettes des timbres-poste « Canöe »
d’André Jacquemin (Inv. 8965)

2 - Essais de couleurs du timbre-poste « Escrime » de la série des Jeux Olympiques d’Helsinki, 1953

Le timbre-poste « Escrime » est la troisième valeur de la série des six timbres sur les médaillés français des Jeux Olympiques d’Helsinki. Quatre essais de couleur – sur les huit conservés au Musée – sont présentés. Etape dans la fabrication, les essais de couleur sont généralement réalisés sur du papier non gommé et sont non dentelés. Comme leur nom l’indique, ils servent à tester les couleurs, leur résistance, mais aussi leur esthétique. Dans son choix de la discipline « Escrime », André Jacquemin rend ici un hommage appuyé à Christian Jonquières d’Oriola, médaillé d’or en fleuret individuel, puis par équipe. Cousin du cavalier Pierre Jonquières d’Oriola, surnommé « d’Artagnan » par les Anglais, Christian Jonquières d’Oriola avait déjà remporté la médaille d’argent au fleuret individuel lors des Olympiades précédentes de Londres (1950) et conservera son titre olympique aux Jeux Olympiques de Melbourne en Australie (1956).

La gravure du timbre-poste « Escrime » est confiée au graveur André Mazelin (1882-1964). La réalisation provoquera quelques polémiques, l’escrimeur représenté tenant son épée de la main gauche, chose rare en escrime. Les détracteurs avaient juste oublié que le sportif en question, Christian Jonquières d’Oriola, était de fait… gaucher. Le timbre-poste « Escrime » sera émis le 28 novembre 1953, sa valeur correspond au tarif de la lettre simple pour l’étranger (tarif du 1er mai 1951). Son tirage officiel est de 16 850 000 exemplaires.

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Essais de couleurs du timbre-poste « Escrime »
de la série des Jeux Olympiques d’Helsinki, 1953 (Inv. 2008.0.20.7 à 10)


3 - Bon à tirer – essai de couleurs du timbre-poste « Hippisme » de la série des Jeux Olympiques d’Helsinki, 1953

Le timbre-poste « Hippisme » est la plus grosse valeur de la série des six timbres sur les médaillés français des Jeux Olympiques d’Helsinki. Le document présenté est le bon à tirer – essai de couleurs de l’Atelier des timbres-poste, daté du 10 novembre 1953 – feuille de timbres-poste imprimée le 7 novembre 1953.

André Jacquemin met en valeur ici un cavalier, en l’occurrence le Français Pierre Jonquières D’Oriola, médaillé d’or à ces 52e Olympiades dans l’épreuve du saut d’obstacle individuel, cavalier qu’il n’avait pas pu rencontrer pour l’occasion, lors du travail préparatoire de son dessin réalisé à partir de photos. La gravure en taille-douce fut confiée au peintre-graveur René Cottet (1902-1992) – qui signe le timbre « Cottet sc. » [sculpsit, celui qui a gravé] – artiste reconnu et auteur de quelque 600 timbres-poste pour la France, le Luxembourg ou encore Monaco.

Le timbre-poste « Hippisme » sera émis le 28 novembre 1953, sa valeur correspond au tarif de la lettre recommandée pour l’étranger (tarif du 1er mai 1951) ; mais il fut peu utilisé par les Français. Son tirage officiel est de 6 650 000 exemplaires.

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Bon à tirer
essai de couleurs du timbre-poste « Hippisme » (Inv. 2008.0.20.6)

4 - Epreuves de luxe collectives de la série des Jeux Olympiques d’Helsinki, 1953

Les 28 et 29 novembre 1953, la série des six timbres-poste en hommage aux médaillés français d’or et d’argent d’Helsinki est mise en vente à la Recette Principale Paris Louvre et au siège du journal L’Equipe, puis dans les bureaux de poste le 30 novembre. Le succès fut important pour les premières valeurs, moindre pour les dernières, peu utilisées pour l’affranchissement du courrier au quotidien.

Depuis 1923, des épreuves de luxe ont été réalisées par l’administration des Postes, épreuves collectives à l’occasion de cette série. Ces documents qui n’ont pas de pouvoir d’affranchissement, généralement de belle qualité et en couleur, sont destinés aux personnalités liés à l’événement commémoré ; ils sont souvent réalisés après coup. Non dentelés et non gommés les épreuves de luxe portent les perforations spécifiques de l’Atelier de fabrication des timbres-poste de Paris, marque de contrôle authentifiant ainsi leur origine. Depuis le 1er janvier 1999, La Poste a supprimé les tirages des épreuves de luxe et des timbres-poste non dentelés qui étaient destinés aux personnalités.

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Epreuves de luxe collectives
de la série des Jeux Olympiques d’Helsinki, 1953 (Inv. 2008.0.20.11 et 2008.0.20.12)

Bibliographie :

F. Albaret, Les d’Oriola et les vendanges olympiques, La Table ronde, Paris, 1965.

Sites Internet :

Association Française des Collectionneurs Olympiques et Sportifs (AFCOS) :
http://www.afcos.org/

La page de Jeux Olympiques de 1952 sur le site du CIO :
Jeux Olympiques de 1952

Musée national du sport :
http://www.museedusport.fr

Expositions :

Musée national du sport, 93 avenue de France, 75013 Paris (Ouvert depuis le 4 juin 2008)

Les Arts décoratifs – Musée de la publicité : L’affiche 100 % Finlande, 1907 – 2007 (du 29 mai au 26 octobre 2008)
Site internet