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Le Blog

Le blog officiel du Musée de La Poste accompagne au quotidien l’actualité du musée. Il traite de toutes ses activités : collections, expositions, animations, vente de produits culturels et philatéliques…

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Street art – Katre, SP 38, Lenz, Kashink, Jace, Guaté Mao, SONAC Sophie, Tarek Benaoum : leurs œuvres ont couvert depuis deux ans la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste

11 avril 2018
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Palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste : Katre avait ouvert la voie d’avril à juin 2016…
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SP 38 a pris le relais l’été 2016…

Il y a deux ans, le Musée de La Poste lançait Ralentir, Street art.

Principe du projet : des artistes créent successivement des œuvres sur la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste.

Rétrospective par l’image…

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Lenz, automne 2016…

Le Musée de La Poste et le street art entretiennent depuis des années de cordiales relations. Et même, au sens artistique s’entend, de fructueuses relations.

Les liens se sont d’abord noués au début des années 2010 autour du projet de rénovation d’une fresque que le plasticien new-yorkais Keith Haring avait réalisée à l’hôpital parisien Necker-Enfants malades. Le musée avait alors accueilli une vente aux enchères organisée au bénéfice de cette initiative.

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Au tour de Kashink, fin 2016/début 2017…

S’y était vendue – sous l’égide de la maison Arcurial – une série de boîtes aux lettres peintes par des street artistes, parmi lesquels C215, avec qui le musée est dès lors resté régulièrement en contact.

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Jace, printemps 2017…

Et puis très vite est survenu l’événement Au-delà du street art, une exposition proposée par le musée en 2013 réunissant les travaux d’une quinzaine de street artistes.

Succès exceptionnel (les trottoirs du boulevard de Vaugirard se souviennent encore des files ininterrompues de jeunes passionnés attendant patiemment de pouvoir rentrer).

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Guaté Mao, été 2017…

Il faut dire que le casting était à la hauteur : Ernest Pignon-Ernest, Banksy, Shepard Fairey (Obey), C215, L’Atlas…

Pas moins de 75 000 visiteurs en trois mois…

C’est alors que le Musée de La Poste a décidé de faire peau neuve.

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SONAC Sophie Photographe, automne 2017/janvier 2018…

Sans pour autant délaisser le compagnonnage avec le street art.

Puisque les travaux concernent pour l’essentiel l’intérieur du bâtiment, c’est à l’extérieur que les artistes allaient pouvoir continuer à s’exprimer.

Sur la palissade du chantier de rénovation du musée. Un bel espace, d’une vingtaine de mètres de long sur trois de hauteur. De quoi satisfaire leur créativité.

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… et Tarek Benaoum, depuis février 2018.

C’est ainsi que depuis deux ans, se sont succédés Katre, SP 38, Lenz, Kashink, Jace, Guaté Mao, SONAC Sophie Photographe et Tarek Benaoum.

Là-encore, un beau casting… A suivre.

Rodolphe Pays

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La boutique du Musée de La Poste multiplie ses points de vente

9 avril 2018
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Le tout nouveau bureau de poste de l’Aéroport d’Orly propose une sélection de produits dérivés des collections du Musée de La Poste.

Comme la plupart des musées, le Musée de La Poste dispose d’une boutique.

Mais c’est aussi via de nombreux points de vente hors les murs qu’il diffuse son offre d’articles dérivés de ses collections.

Il y a des souvenirs originaux, besaces en toile de sac postal, modèles réduits de voitures de facteur, boîtes aux lettres miniatures décoratives en céramique ou à usage de tirelires… Des objets du quotidien aussi, porte-clés ou trousses marqués La Poste, des articles de papeterie, carnets, stylos…

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Sacoches en toile de sac postal, modèles réduits de voitures de facteur, papeterie… , des articles estampillés « Musée de La Poste » se vendent désormais un peu partout en France.

Autant de produits susceptibles d’intéresser les voyageurs avant l’embarquement ou à la descente d’avion comme les milliers de salariés présents sur place.

Si l’ensemble de ces références est habituellement disponible à la boutique du Musée de La Poste, dans le 15e arrondissement de Paris, il est en effet désormais proposé à toutes les clientèles qui fréquentent les aérogares d’Orly et Roissy. Via les bureaux de poste – qui plus est tout neufs – des deux aéroports.

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La boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, dans le 15e arrondissement de Paris.

« En étendant et en ciblant notre offre hors les murs, une démarche qui avait d’ailleurs déjà été entreprise il y a quelques années dans des bureaux de poste parisiens, nous nous efforçons de nous adapter à tous les besoins nouveaux et à toutes les pratiques des clientèles, explique Bruno Pattou, le responsable commercial du musée, beaucoup d’autres projets semblables sont ainsi en cours ou à venir. »

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Le mythique bureau de poste de la place Bellecour, à Lyon, accueille lui-aussi des produits du Musée de La Poste (photo Pierre Augros).

Et pas qu’en région parisienne. A Lyon par exemple, c’est le mythique bureau de poste de la place Bellecour qui vient lui-aussi d’accueillir dans ses murs (également entièrement rénovés) les produits du musée.

« Nous disposons d’un bel espace au sein de cet établissement, à proximité de ceux affectés à la téléphonie et aux emballages colis, apprécie Bruno Pattou, les clients peuvent y trouver les mêmes articles qu’à Roissy et Orly, mais également La Poste, une histoire extraordinaire, une bande dessinée dont l’auteur, Patrick Marchand, est un des historiens du musée. »

Un ouvrage que les visiteurs peuvent aussi se procurer à la boutique du célèbre Palais Idéal du Facteur Cheval (partenaire du Musée de La Poste depuis plusieurs années), situé à Hauterives, dans la Drôme.

Autre musée concerné par la politique commerciale hors les murs menée par le Musée de La Poste, celui de la Grande Guerre, à Meaux, en Seine-et Marne.

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La boutique du Musée de la Grande Guerre, à Meaux (77), mettra prochainement à la disposition de ses visiteurs une série d’articles du Musée de La Poste se rapprochant de l’Histoire.

« Le projet se met actuellement en place, l’idée c’est de mettre à la disposition du public des objets qui se rapprochent de l’Histoire, précise Bruno Pattou, comme par exemple des reproductions de sacoches datant du début du XXe siècle. »

Au-delà des ventes permanentes de produits, différentes opérations événementielles sont également organisées. Un peu partout en France, y compris dans les départements et territoires d’outre-mer.

Et le plus souvent à la demande de services de communication de La Poste, pour accompagner des réunions, des manifestations ou des rencontres avec des clients, des partenaires.…

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Les sacoches en toile de sac postal du Musée de La Poste ont connu un franc succès lors de l’édition 2017 du salon des nouvelles technologies de La Vegas (photo Groupe La Poste).

Là-encore, les objets dérivés des collections du musée sont très prisés : sacoches de facteurs « vintage », porte-clés de boîtes aux lettres…

« Et il nous arrive même d’exporter à l’étranger, comme l’an dernier à Las Vegas, conclut Bruno Pattou, à l’occasion du salon des nouvelles technologies qui s’y tient depuis des décennies, nos sacoches en toile de sac postal y ont connu un franc succès. »

Rodolphe Pays

En interne aussi

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Une vitrine du Musée de La Poste, placée dans l’espace « pro » de la plateforme industrielle courrier de Wissous (91), permet aux postiers comme aux clients de bénéficier en permanence de l’offre de la boutique du musée.

Les produits de la boutique du Musée de La Poste vendus hors les murs ne sont pas uniquement destinés aux clients ou partenaires de La Poste.

Ils sont aussi proposés aux collaborateurs de l’entreprise au sein de plusieurs établissements postaux, notamment les plateformes industrielles de traitement du courrier et des colis (PIC).

En Ile-de-France, celles de Lognes, Gonesse ou encore Bois d’Arcy programment régulièrement des animations au cours desquelles sont présentés au personnel des articles estampillés La Poste ou Musée de La Poste.

Et à la PIC de Wissous, une vitrine placée dans l’espace « pro », permet aux postiers comme aux clients de bénéficier en permanence de l’offre.

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« Aux Ormes, mozartiens ! » : un festival de Musique de chambre proposé dans un splendide relais de Poste de la Vienne

29 mars 2018

Un festival de Musique de chambre se déroule chaque année au relais de Poste des Ormes, dans le département de la Vienne.

Pour la dixième édition de cette manifestation, une programmation exceptionnelle est proposée.

Un lieu magique auquel le Musée de La Poste s’associe également via des conférences et des expositions.

Le génie précoce de Mozart lui a valu très tôt une grande notoriété. Une renommée qui s’est vite étendue au-delà des frontières de son Autriche natale.

Bien avant l’adolescence, le jeune prodige était ainsi devenu une « star » attendue un peu partout en Europe. Avec sa famille, il se déplaçait de pays en pays afin d’y donner des concerts, de jouer pour des gens de cour, des personnalités…

Pas d’avion ni de train à l’époque pour effectuer ces « tournées », mais le plus souvent des malles-poste. Et des relais de Poste pour faire étape.

C’est dans l’un deux, à Gournay-sur-Aronde, dans l’Oise, qu’il a séjourné avec ses parents et sa sœur aînée Nannerl le 17 novembre 1763.

Venue de Belgique, où Wolfgang – alors âgé de sept ans – avait interprété plusieurs œuvres devant un auditoire choisi, toute la famille se rendait à Paris pour un prestation dédiée à Victoire de France, l’une des filles de Louis XV.

Un siècle et demi plus tard, en 2004, la petite commune de Gournay-sur-Aronde rendait hommage au musicien et à sa sœur en baptisant une de ses allées « Sente Nannerl et Wolfgang Mozart ».

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Le relais de Poste des Ormes accueille chaque année un festival de Musique de chambre.

D’autres relais de Poste honorent la mémoire de l’artiste. Comme celui des Ormes-sur-Vienne, au nord de Châtellerault, dans le département de la Vienne.

Un joyau que ce domaine, dont la propriétaire, Anne de Logivière, est une descendante de François Marquet, le dernier maître de poste du relais.

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Philippe et Anne de Logivière.

Un joyau partagé. Des visites y sont régulièrement organisées.

Et des concerts donnés chaque année dans le cadre d’un festival de Musique de chambre appelé… Aux Ormes, mozartiens !

Pour la dixième édition de la manifestation, Anne de Logivière et son mari Philippe ont à nouveau fait appel au violoniste et professeur de musique Michel Michalakakos afin d’assurer la direction artistique de l’événement.

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Michel Michalakakos, au cente de la photo, lors d’une édition précédente du festival Aux Ormes, mozartiens !

Et la programmation est exceptionnelle. Ainsi que les interprètes.

Au cours des six après-midi et soirées proposés en mai et juillet prochains, le public aura le plaisir d’entendre dans ce lieu magique – et à l’acoustique réellement remarquable – quelques-uns des plus grands compositeurs de Musique de chambres : Arriaga, Schumann, Beethoven, Schubert, Bach, Rossini, Brahms… Et bien sûr Mozart.

Le Musée de La Poste, régulièrement présent au relais de Poste des Ormes à travers des conférences données par ses historiens et des expositions, s’associe à cette belle série de concerts.

Rodolphe Pays

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Alain Valentin, président de la Fédération omnisports ASPTT : « Pas une dame un peu vieillissante, un club sportif jeune qui se développe »

26 mars 2018

Elle est née en 1898. On ne l’appelait pas encore Fédération omnisports ASPTT, mais simplement ASPTT.

Des festivités sont organisées un peu partout en France à l’occasion de ses 120 ans.

Alain Valentin, son président, évoque le passé et surtout le présent de ce club sportif historique.

L’ASPTT, aujourd’hui Fédération omnisports ASPTT, fête cette année ses 120 ans. Comment se porte ce plus que centenaire ?

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Pour Alain Valentin, le président de la Fédération omnisports ASPTT, « une structure comme celle de l’ASPTT a beaucoup d’atouts pour satisfaire les aspirations émergentes ». (Photo Baptiste Fernandez/Icon Sport)

Il se porte plutôt bien. D’abord en termes de licenciés. La Fédération compte en effet désormais plus de 200 000 adhérents, un chiffre en augmentation.

Mais ce n’est pas seulement cette progression qui est positive, c’est aussi le fait que beaucoup de jeunes nous rejoignent, un tiers des membres de l’association a ainsi moins de 18 ans.

Et puis, même si les femmes ont depuis le début été présentes au sein du club, on se félicite aussi d’en compter pas moins de 40 % dans nos rangs. La Fédération ASPTT n’est pas une dame un peu vieillissante, c’est un club sportif jeune qui se développe.

Comment la Fédération s’organise-t-elle pour répondre aux pratiques sportives qui évoluent, aux attentes des nouvelles générations ?

Auparavant, on entrait souvent dans un club pour y pratiquer une seule discipline, faire de la compétition, puis poursuivre à un autre rythme en fonction de l’âge, et ensuite prendre éventuellement des responsabilités dans les instances dirigeantes.

Aujourd’hui, même s’il reste toujours des passionnés d’un seul sport, on a beaucoup de gens qui sont moins dans la compétition, plus dans le loisir, le ludique. On observe aussi que nombreux sont ceux qui passent d’un sport à l’autre.

Avec son offre de 210 disciplines sportives différentes – du football au cricket… -, une structure omnisports comme celle de l’ASPTT a beaucoup d’atouts pour satisfaire ces aspirations émergentes.

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Un timbre est émis à l’occasion des 120 ans des ASPTT (création Stéphane Humbert-Basset).

Comment conciliez-vous cette forte demande de sport loisir et la tradition du sport de compétition ?

On travaille au service des deux pratiques. Bien sûr, on répond à la demande forte de sport loisir, avec l’idée que chez nous, on peut faire du sport tout au long de la vie, pour paraphraser et élargir une formule connue, de un an à 101 ans. Et toutes sortes de sports, exigeants comme la natation par exemple, mais aussi plus soft comme la balade en rivière, la marche douce.

Mais on accompagne également les compétiteurs « durs ». Comme par exemples, les athlètes féminines du foot ou encore du volley. Il faut cependant reconnaître que pour bien soutenir et entourer les sportifs de haut niveau, il nous est nécessaire d’agir en partenariat, avec les collectivités territoriales en particulier.

Est-ce que la filiation historique avec La Poste et Orange, ex France-Télécom, est toujours existante ?

Elle est différente. France-Télécom possède aujourd’hui un comité d’entreprise et n’est en conséquence plus dans le soutien. En revanche, nous avons un partenariat avec la Fondation Orange.

Et ce n’est pas anodin, il s’agit d’intégrer des enfants autistes à des groupes de pratiquants de disciplines sportives diverses comme le basket, les jeux de raquettes… Ca a été lancé il y a deux ans, et c’est unique en France. Comme quoi, l’histoire se prolonge, mais autrement.

Pour ce qui est de La Poste, le lien reste plus traditionnel. Notamment financier, son aide importante est en effet précieuse à la pérennité de notre action. La Poste demeure à nos côtés…

Propos recueillis par Rodolphe Pays

La Fédération omnisports ASPTT en chiffres

  • Plus de 200 000 licenciés
  • 10 % de postiers et télécommunicants
  • 210 disciplines proposées
  • de nouvelles activités : bridge, échecs, photo…

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Les beaux plans des ambulants s’acheminent vers les Archives nationales

20 mars 2018
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Le Musée de La Poste s’apprête à transférer aux Archives nationales plusieurs milliers de plans de wagons postaux.

Le Musée de La Poste et le service des archives de l’entreprise préparent le transfert aux Archives nationales de plusieurs milliers de plans « ambulants ».

Un travail collaboratif initié par le musée, mené avec des bénévoles et en partenariat avec des services de la SNCF et du ministère de la Culture.

Ils ont accompagné plus d’un demi-siècle durant l’activité des ambulants, les fameux « seigneurs » de la Poste. De 1920 aux années 1970.

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Les plans « ambulants » fournis à La Poste par la SNCF ont permis d’assurer la maintenance des wagons postaux.

Pas moins de 20 000 plans, où figure chaque détail d’une quinzaine de types de wagons exploités lors de cette période et de l’intégralité de leurs dispositifs techniques et aménagements intérieurs.

Tous indispensables aux services postaux chargés d’assurer la maintenance de ces voitures.

Fournis par la SNCF avec le matériel ferroviaire mis à la disposition de la Poste pour l’acheminement par rail du courrier, ces documents n’ont plus eu d’utilité à l’arrêt – il y a un peu plus d’une vingtaine d’années – des services ambulants.

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Pour Agnès Mirambet-Paris, la conservatrice du Musée de La Poste, « ces archives, à l’intérêt patrimonial considérable, ont vocation à être portées à la connaissance de chercheurs, d’étudiants, de passionnés… »

La compagnie nationale de chemin de fer n’ayant pas souhaité les reprendre, la Poste en a alors gardé une partie importante.

« Sur la totalité de ces plans, 7 000 ont au final été récupérés et mis à l’abri dans nos réserves, mais sans pour autant intégrer les collections, indique Agnès Mirambet-Paris, la conservatrice du Musée de La Poste, il s’agit là d’archives dont l’intérêt patrimonial est considérable, et qui ont de ce fait vocation à être portées à la connaissance de chercheurs, d’étudiants, de passionnés… »

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Avant leur transfert, les documents doivent faire l’objet d’un inventaire très précis.

C’est dans cette perspective que le Musée et La Poste préparent actuellement leur transfert aux Archives nationales (entité qui dépend du ministère de la Culture).

Pas si simple cependant. Pour être ainsi transmis, les documents doivent d’abord faire l’objet d’un inventaire très précis. Une tâche déjà entamée dès la fin des années 1990 par Jean-Philippe Thernisien, cheminot à la retraite passionné de matériel ferroviaire et ami du Musée de La Poste.

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Chacun des plans a dû faire l’objet d’un diagnostic « amiante ».

« Ce travail effectué bénévolement pendant des années a bien préparé le terrain, relève Chantal Paitreau, chargée de conservation et pilote du projet, 5 000 de ces plans avaient en effet été étudiés, identifiés et photographiés par ses soins. »

De l’automne à janvier derniers, un chantier de traitement des plans, mené notamment en collaboration avec le Service archives et documentation (SARDO) de la SNCF, a permis de finaliser l’opération.

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Les plans font apparaître avec force détails et indications tous les dispositifs techniques ainsi que les aménagements intérieurs des wagons postaux.

« Toutes les pièces jugées intéressantes par les experts, environ 70 % de l’ensemble des documents disponibles, ont été traitées, poursuit Chantal Paireau, et celles qui n’ont pas été estimées exploitables ont fait l’objet d’un procès-verbal de destruction validé par les Archives de France, une entité spécialisée dépendant du ministère de la Culture. »

Autre condition au transfert : le diagnostic « amiante ». Pratiqué récemment, il n’a rien révélé de douteux, les documents en étaient tous exempts.

Fin janvier, ce sont ainsi près de 3 000 de ces plans « ambulants » qui ont rejoint la Direction des archives du groupe La Poste (DIRAG). A ce service désormais d’en dresser un inventaire définitif. Puis de les verser aux Archives nationales.

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De 1920 aux années 1970, les plans prochainement transférés auront accompagné l’activité des ambulants, les fameux « seigneurs » de la Poste.

Ceux-ci devraient ensuite être entreposés, sous la responsabilité de Nadine Gastaldi, conservatrice des cartes et plans, dans des locaux situés à Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis.

Et ouverts à la consultation aux personnes désirant obtenir des informations sur le service des ambulants postaux.

« Cette collaboration, ces échanges avec le ministère de la Culture et différents services d’archives ont généré une dynamique, de la confiance aussi, conclut Agnès-Mirambet-Paris, c’est pourquoi nous pensons qu’il demeurera possible d’utiliser ces plans, pour des expositions, des colloques, pourquoi pas aussi des prêts à des musées des ambulants postaux, comme ceux de Toulouse ou d’Oignies. »

Le quotidien des « seigneurs » de la Poste est peut-être archivé, mais pas achevé, et il n’est ainsi pas prêt d’être oublié.

Rodolphe Pays

Force détails et indications

Documents d’assez grande taille (en moyenne 120 cm x 90 cm), les plans « ambulants » entreposés depuis la fin des années 1990 au Musée de La Poste étaient réalisés sur des supports de papier calque ou de toile, plus rarement sur simple papier.

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Avant leur transfert, les documents doivent faire l’objet d’un inventaire très précis.

Conçus par des dessinateurs de la SNCF, certains d’entre eux reproduisent avec la plus grande précision la configuration d’une quinzaine de wagons postaux différents.

Et nombre d’autres font apparaître avec force détails et indications tous les dispositifs techniques ainsi que les aménagements intérieurs : ressorts de traction, lames, visserie, casiers de tri, sièges, éclairage, toilettes… Une mine de renseignements pour tous les passionnés.

Archives courantes ou archives patrimoniales

La Poste conserve un certain nombre de ses archives dites « contemporaines ». Des documents liés à son fonctionnement, son quotidien, à la gestion courante de ses activités et de ses relations.

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Les plans « ambulants » rejoindront prochainement un bâtiment des Archives nationales situé à Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis.

Lorsque ces documents revêtent une dimension patrimoniale (organisation, réforme, accord important, partenariat majeur, évolution de technique… ), leur vocation est alors de rejoindre les Archives nationales.

C’est le cas des plans « ambulants » transmis à La Poste par la SNCF des années 1920 aux années 1970.

Extract

The La Poste Museum and the Archives Department of the Company are preparing the transfer to the National Archives of several thousand « itinerant » plans.

Collaborative work initiated by the museum, conducted with volunteers and in partnership whith the services of the French National Railway (SNCF) and the Ministry of Culture.

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La Poste de la République centrafricaine avait émis en 2017 une série de timbres consacrée au physicien Stephen Hawking décédé mardi

15 mars 2018
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Le physicien britannique Stephen Hawking est décédé mardi dernier à l’âge de 76 ans.

Le physicien de génie Stephen Hawking est mort mardi 14 mars.

La Poste de la République centrafricaine lui avait consacré une belle émission philatélique l’an dernier.

Comme un hommage anticipé.

Malgré son corps qui n’a de toute sa vie cessé de le lâcher, Stephen Hawking ne s’est jamais départi d’un solide sens de l’humour.

Et comme un dernier clin d’œil, il est mort le jour de la date anniversaire de la naissance de son « pair », Albert Einstein.

Le génial mathématicien, physicien et cosmologiste britannique est décédé mardi 14 mars à Cambridge, là où il avait fait ses études et enseigné trois décennies durant. Il venait d’avoir 76 ans.

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La Poste de la République centrafricaine avait consacré en 2017 un carnet de timbres à Stephen Hawking à l’occasion de son 75e anniversaire.

C’est dans l’autre des plus célèbres villes universitaires anglaises, Oxford, que ce fils d’un père biologiste et d’une mère impliquée en politique avait vu le jour le 8 janvier 1942.

Bien qu’atteint de la maladie de Charcot, une affection dégénérative des motoneurones de l’adulte qui provoque une paralysie progressive de l’ensemble de la musculature, Stephen Hawking a mené une exceptionnelle carrière à la fois d’enseignant et de chercheur.

On lui doit ainsi des travaux qui ont en particulier permis de mieux comprendre – c’était aussi un grand vulgarisateur – le « Big Bang », la théorie de la relativité générale, les trous noirs, les trous de ver…

Malgré la perte de la parole due à sa maladie en 1985 (compensée par un timbre synthétique actionné par des impulsions du pouce puis des contractions de la joue), Stephen Hawking n’a jamais cessé de travailler et de s’exprimer.

La Poste de la République centrafricaine lui avait consacré un carnet de timbres en 2017, à l’occasion de son 75e anniversaire. Un hommage qui mérite aujourd’hui d’être rappelé.

Rodolphe Pays

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Annette Messager fait part de son « désir » à travers un timbre

14 mars 2018

La série artistique vient de s’enrichir d’un timbre représentant une œuvre d’Annette Messager.

Une émission qui rappelle tous les parcours créatifs suivis depuis les années 1960 par cette créatrice appréciée partout dans le monde.

« Transmettre le mot désir par timbre est mon souhait de messagère – je m’appelle Messager. Désir, c’est le mot le plus important pour moi, sans désir on n’a plus le goût de vivre. Désir de vivre, d’être, de faire, d’aimer, de transmettre. Et le timbre postal est un outil de transmission. » Une profession de foi, une ode à la vie…

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Exposition d’Annette Messager en 2014/2015 à Munich (photo : Horst Ossinger/dpa).

Annette Messager est depuis ses débuts une artiste animée, habitée par le désir…

Quoi de plus naturel que La Poste lui consacre un timbre illustré d’un mot qui lui est si cher. Un mot que l’artiste aux talents multiples – elle est tout à la fois peintre, photographe, sculptrice, plasticienne… – conjugue toujours avec liberté.

Sans être dupe de rien, sans angélisme béat. Son œuvre – réalisée avec des fils de fer en 2009 – reprise sur le timbre en témoigne : « Le filet noir sur le mot montre qu’il n’est pas facile de désirer librement, indique-t-elle, il y a tellement d’interdits, d’autocensure, de contraintes, d’obligations, de dépendances… le désir est enchevêtré… »

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Annette Messager a décliné plusieurs œuvres sur le même mode que celui consacré au mot « désir ».

Née à Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, Annette Messager a étudié aux Arts décoratifs de Paris. Désir de liberté sans doute, elle a interrompu ses études, préférant apprendre seule.

Et voyager. Son parcours artistique était enclenché. Depuis lors, Annette Messager évoque dans ses créations le quotidien, les rapports hommes-femmes, les sentiments, les émotions…

Rebelle à tout académisme, elle revendique la dimension féminine de son art, intègre l’univers domestique dans lequel le « masculin » a cantonné la femme : travaux à l’aiguille, carnets intimes, revues de beauté…

Et réaffirme encore et toujours son amour des mots : « J’aime les mots, ils sont très importants dans mon travail. J’aime jouer avec les mots, les déformer, me les approprier. Pour moi, un mot est à la fois visuel, musical et signifiant. »

Rodolphe Pays

Le timbre Désir, création Annette Messager, impression héliogravure.

Disponible à la boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15e. Ouvert de 10 h à 18 h du lundi au vendredi (tél. : 01 56 71 98 49).

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La Poste crée de nouvelles vignettes pour une Fête du Timbre placée sous le signe du sport automobile

2 mars 2018

La Fête du Timbre 2018 se tiendra les 10 et 11 mars.

Comme chaque année, l’événement – relayé dans plus d’une centaine de villes – sera riche en initiatives, ouvert à tous, culturel, ludique…

Une édition placée cette année sous le signe de la route et de la course automobile.

Parmi les plus de 100 villes qui participent cette année à la Fête du Timbre, il en est une pour qui l’événement revêt une saveur particulière. Comme une reconnaissance.

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Dieppe, berceau des voitures Alpine, participe à la Fête du Timbre 2018.

Parce que cette fête est placée sous le signe de la route et de la course automobile. Parce que l’affiche officielle et les timbres émis pour l’occasion sont notamment illustrés de voitures Alpine Renault. Et que c’est à Dieppe, sur la côte normande, que cette marque automobile sportive est née.

Et qu’elle continue d’exister à travers deux implantations locales : le garage « historique » Jean Rédélé, le fondateur d’Alpine, et l’usine Renault Alpine.

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Timbre « Alpine Renault A 110 », création François Bruère (d’après photo Renault/Communication), gravure Claude Jumelet.

Illustré de la mythique Alpine Renault A 110, un des deux timbres réalisés pour cette Fête du Timbre désormais octogénaire (la première édition s’était déroulée en 1938) symbolise en particulier l’épopée sportive et industrielle de la ville et du constructeur. Des constructeurs.

D’abord Jean Rédélé, qui au milieu des années 1950 conçoit et pilote des bolides aux performances remarquables (il créera la marque « Alpine » en raison du plaisir qu’il avait à conduire ses premières voitures de rallye et à connaître le succès avec elles dans les Alpes).

Et Renault – régie nationale à l’époque -, qui s’est associé à Alpine en 1965. Avant d’en prendre le contrôle quelques années plus tard, ce qui provoquera le départ de Jean Rédélé en 1978.

Mais il n’y aura pas que des timbres pour raconter l’histoire de cette saga motorisée française.

Phil@poste a aussi décidé de montrer de « vraies » Alpine Renault. Toujours dans le cadre de cette Fête du Timbre, l’opérateur philatélique de La Poste a en effet décidé d’exposer un certain nombre de ces voitures qui ont marqué (et marquent encore, la nouvelle Alpine Renault A 110 a été présentée au salon de Genève il y a quelques mois) leur époque.

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Des cartes et des enveloppes créées par Alain Bouldouyre seront également disponibles pendant la Fête du Timbre.

Et surtout démontré le savoir-faire, la qualité, l’esthétique propre et les performances de l’industrie automobile sportive française.

Une douzaine d’Alpine et Alpine Renault sorties entre 1955 et les années 1990 sera ainsi présentée le 14 mars à Boulazac, près de Périgueux, dans l’enceinte de l’imprimerie Phil@poste.

Des véhicules amenés pour la circonstance par des passionnés de sport automobile et de mécanique.

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Autre timbre émis pour la Fête du Timbre, « Renault Maxi 5 Turbo », création François Bruère (d’après photo Renault/Communication), mise en page Bruno Ghiringhelli.

La Fête du Timbre battra aussi son plein partout en France.

Organisée par la Fédération Française des Associations Philatéliques (FFAP), elle proposera dans la centaine de villes participantes jeux, animations, ateliers pour tous, stands, expositions, rencontres…

Et bien sûr aussi des bureaux de poste temporaires, « souvenirs » philatéliques, enveloppes « premier jour », entier postal…

Bonne route à la Fête du Timbre 2018. Qu’elle se déroule à Dieppe comme dans toutes les autres villes mobilisées pour l’événement.

Rodolphe Pays

Organisée par la Fédération Française des Associations Philatéliques (FFAP), la Fête du Timbre se déroule les 10 et 11 mars prochains.

Un événement soutenu par La Poste et l’Adphile.

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Van Dongen au Musée de Montmartre… et en timbre au Musée de La Poste

16 février 2018
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Timbre « Femme à la balustrade », dessiné par Pierre Forget d’après le tableau de Kees Van Dongen. Le peintre fait jusqu’à l’été l’objet d’une exposition au Musée de Montmartre.

Les peintures de maîtres s’apprécient dans les musées. Sur les timbres aussi.

Comme le tableau Femme à la balustrade de Kees Van Dongen, dont on peut admirer des œuvres exposées actuellement au Musée de Montmartre.

Et que l’on pourra voir en début d’année prochaine au sein du panorama des timbres du Musée de La Poste.

On n’a guère l’occasion de pouvoir embrasser d’un seul coup les quelque 5000 timbres émis en France depuis 1849, année où la première petite vignette d’affranchissement du courrier a été mise en service.

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« Femme à la balustrade » a également fait l’objet en 1980 d’un timbre émis par la poste de Monaco.

Difficile, hors les albums des collectionneurs – et leur accès n’est qu’épisodiquement public -, de voir en vrai les timbres que l’on apprécie, que l’on a trouvé beaux, émouvants, dont l’émission nous a semblé une juste reconnaissance envers une personnalité, un événement, un lieu…

Seul le panorama philatélique du Musée de La Poste permet de retrouver tous les timbres que l’on affectionne.

Ou plutôt permettait… , le musée étant encore en travaux. Mais plus pour si longtemps désormais : la perspective de pouvoir à nouveau contempler ces timbres se rapproche.

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Kees Van Dongen.

On pourra ainsi revoir des images un peu oubliées, mais que l’actualité nous rappelle. Comme ce timbre émis en 1975 reproduisant Femme à la balustrade, le tableau de Kees Van Dongen (1877-1968), peintre dont le Musée de Montmartre propose jusqu’à l’été un accrochage rétrospectif.

Dessiné par Pierre Forget, ce timbre est aussi une émission « Europa », série lancée en 1956 destinée à faire partager au-delà des frontières l’histoire et la culture européennes.

Le choix d’un timbre consacré à Van Dongen coïncidait parfaitement avec l’esprit des timbres « Europa ». Le peintre était né à Rotterdam, s’était installé à Paris, dans les ateliers du Bateau-lavoir à Montmartre.

Où il avait vécu et travaillé avec l’espagnol Picasso, le roumain et hongrois Pascin, l’italien Modigliani, l’allemand et hollandais Van Rees…

Plusieurs toiles de quelques-uns de ces artistes accompagnent les œuvres de Van Dongen au sein de l’exposition du Musée de Montmartre.

Autant d’artistes dont on pourra également admirer le travail en début d’année prochaine via les timbres reproduisant leurs tableaux. Dans le panorama philatélique du Musée de La Poste…

Rodolphe Pays

Exposition Van Dongen et le Bateau-lavoir, du 15 février au 26 août, Musée de Montmartre-Jardins Renoir (12 rue Cortot, Paris 18e).

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Tarek Benaoum : « J’ai associé la calligraphie, le cœur de mon travail, et les facteurs, le cœur de l’activité postale »

13 février 2018

Tarek Benaoum est en train d’achever la fresque qu’il réalise – entre des dizaines d’averses – sur la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste.

Il explique comment il a été amené à concevoir cette œuvre, l’approche qu’elle a déclenchée avec l’univers de La Poste, sa démarche d’associer facteurs et calligraphie, les échanges avec les passants…

Le contact

« Lorsque Josette Rasle, commissaire d’exposition au Musée de La Poste, m’a appelé, je travaillais sur une grande fresque pour l’Institut des cultures d’Islam.

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Pour Tarek Benaoum, « cette culture, ce métier de facteur, ces ambiances, c’est ça qui m’a avant tout intéressé. »

Elle m’a proposé de participer au projet Ralentir, street art, une série d’œuvres réalisées successivement par des artistes depuis deux ans et demi sur la palissade du chantier de rénovation du musée.

Un travail d’assez grand format aussi, puisque cette palissade fait plus de vingt mètres de long.

Je ne connaissais pas vraiment l’univers de La Poste, j’avais juste conçu une petite création lors d’une résidence d’artistes dans un bureau de poste de Montparnasse promis à la démolition.

Je ne connaissais pas non plus le musée, je savais seulement qu’il s’y était déroulée une belle expo de street art il y a quelques années.

Le projet m’a intéressé, j’ai tout de suite vu que le lieu et l’espace donnaient matière à s’exprimer.

L’idée

Très vite j’ai pensé associer la calligraphie, le cœur de mon travail, et les facteurs, le cœur de l’activité postale. J’avais le sentiment que ça parlerait aux gens, aux habitants du quartier, à ceux qui y travaillent, qui le fréquentent…

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« J’ai au final retenu 7 photos, dont celle destinée à être un peu comme la pièce maîtresse de la fresque, celle du fameux Facteur Cheval. »

J’ai passé quelques jours à la médiathèque du musée à voir des photos de facteurs de toutes les époques. J’ai observé les codes vestimentaires, les uniformes, d’été, d’hiver, les gueules aussi, les postures…

J’ai au final retenu 7 photos, dont celle destinée à être un peu comme la pièce maîtresse de la fresque, celle du fameux Facteur Cheval. J’aurais aussi pu mettre François, le facteur de Jour de fête, le film de Jacques Tati.

Ces photos, j’en ai fait des tirages grandeur nature, que j’ai collés sur la palissade. Ils rythment la calligraphie que j’ai disposée autour d’eux.

La calligraphie

Les 7 facteurs de la fresque ne sont pas alignés chronologiquement. Je les ai placés en fonction de leurs costumes, de la couleur de leurs vêtements, de leur position, de face ou de profil, tête tournée ou inclinée.

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« J’ai voulu que les facteurs apparaissent dans une ambiance un peu surréaliste, c’est pourquoi je les ai entourés de halos, de coulures, de gerbes de couleurs. »

Avec des différences de niveau aussi. Ils sont comme des repères, des mouvements…

J’ai aussi voulu qu’ils apparaissent dans une ambiance un peu surréaliste, c’est pourquoi je les ai entourés de halos, de coulures, de gerbes de couleurs.

Ce sont des sortes de marqueurs, d’échos des textes calligraphiés que j’ai répartis autour d’eux. Ces écritures – romaines, latines, arabes… – les font ressortir, les mettent en avant, les idéalisent aussi.

J’ai employé pour peindre les caractères les couleurs que j’utilise le plus souvent, l’or, l’argent et le cuivre. Elles me paraissaient adaptées à la circonstance, au lieu aussi. Ce sont des couleurs à l’opacité importante, elles captent et reflètent à la fois la lumière.

Le texte

Calligraphié à travers des écritures multiples, le texte en toile de fond de la fresque est l’œuvre de Jacques Lèbre, un poète qui était aussi postier. Ce sont des extraits d’un livre intitulé Janvier, qui évoque les femmes, leur sensibilité, leurs désirs…

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« Un encart affiché sur la palissade donnera aux passants une « traduction » du propos de l’auteur. »

Un encart affiché sur la palissade donnera aux passants une « traduction » du propos de l’auteur.

Le bilan

Travailler sur ce projet, ça a d’abord été l’approche d’un univers. C’était nouveau pour moi, cette culture, ce métier de facteur, ces ambiances, c’est ça qui m’a avant tout intéressé.

Et puis, je croyais que ce serait peut-être mal perçu de travailler dans ce quartier, à la différence des quartiers plus populaires où j’interviens fréquemment.

Je me suis trompé, ça ne s’est pas passé comme je le redoutais un peu. Les gens ont aimé voir cette fresque s’élaborer, des gens de milieux différents, de religions différentes. Ils prenaient le temps de s’arrêter, de causer.

Je crois qu’ils ont apprécié. Cela m’a surpris au début, étonné, et j’ai trouvé que c’était vraiment bien.

J’ai aussi eu plaisir à travailler avec les gens du musée, ils m’ont accueilli, aidé, accompagné. J’espère que les passants – visiteurs d’un instant, d’un moment – partageront eux-aussi ce plaisir ».

Propos recueillis par Rodolphe Pays

(photos Thierry Debonnaire)

Une formation déterminante

Comme beaucoup de street artistes, Tarek Benaoum s’est d’abord passionné pour le graffiti. Bombes en main, il s’est forgé dès l’adolescence une première expérience.

C’est ensuite quatre années durant au Scriptorium de Toulouse – un atelier d’enseignement de l’école des Beaux-arts de la ville – qu’il apprendra la calligraphie. Une formation « à l’ancienne », exigeante, mais déterminante pour la suite.

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Bernard Arin, initiateur et animateur du Scriptorium de Toulouse, a été l’un des enseignants qui ont compté dans la formation de Tarek Benaoum.

« Les profs nous demandaient beaucoup, ne nous passaient rien, se souvient-il, mais ils étaient très pédagos, donnaient beaucoup d’eux-mêmes, nous transmettaient leur savoir, leur amour de la calligraphie, de la typographie. »

Tarek Benaoum pense en particulier à l’un deux, Bernard Arin, qui a dirigé le Scriptorium jusqu’à sa fermeture en 2005 (faute de successeur… ).

« Face à des gens comme lui, tu es une éponge, dit-il, tu absorbes, et tu progresses… »

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