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Le 120e anniversaire de la fondation de l’Institut Pasteur de Paris

Louis Pasteur est né le 27 décembre 1822 à Dole dans le Jura. Bien que la famille se soit installée quelques années plus tard à Arbois, Pasteur reste très attaché à sa ville de naissance et y revient fréquemment. Considérée comme une vengeance divine, la rage est une maladie qui frappe l’imaginaire collectif. On raconte que Pasteur enfant avait été très ému par la vision d’une personne atteinte par la maladie et que sa vocation de chercheur en serait née.

Dans un raisonnement très structuré, Pasteur commence par l’étude des cristaux, s’intéresse aux fermentations, réfute la théorie de la génération spontanée, fait des recherches sur de nombreuses maladies humaines et animales et invente le vaccin. Avec l’aide des docteurs Vulpian et Grancher - car Pasteur n’était pas médecin-, il réalise le 6 juillet 1885 la première vaccination contre la rage sur Joseph Meister, un jeune Alsacien.

L’expérience réussit et l’enfant est sauvé. Ce succès sera connu rapidement dans le monde médical. Des gens mordus viennent du monde entier et les locaux de l’École normale de la rue d’Ulm, où le savant a son laboratoire, se révèlent trop exigus. Louis Pasteur émet alors l’idée de créer un Institut dont la vocation serait triple : recherche, enseignement et dispense de soins. Une souscription internationale est lancée par l’Académie des sciences. Un immense élan de générosité se développe et les fonds ainsi recueillis permettent l’acquisition d’un terrain rue Dutot à Paris. Les travaux commencent en 1887 et l’Institut est officiellement inauguré le 14 novembre 1888 par le Président de la République Sadi Carnot.

1 - Épreuve collective avec valeur faciale comportant trois timbres-poste (10, 30 et 50 c) de la première série du type Pasteur émis en 1923

Le centenaire de la naissance de Pasteur est commémoré en 1923 - et non en 1922 - par l’émission de ce qui est considéré comme le premier timbre commémoratif, non allégorique ou dédié au chef de l’État. Le bon à tirer n’est signé que le 22 mars 1923 et la première série est émise le 25 mai 1923. Le dessin et la gravure sont confiés à Georges Henri Prud’homme (1873-1947). L’impression est réalisée en typographie à plat et rotative. Pour ce timbre-poste, Prud’homme se serait inspiré d’un des rares portraits de profil du savant, réalisé par Jean-Jacques Henner (1829-1905).

Les trois premiers timbres émis sont le 10 c vert, le 30 c rouge et le 50 c bleu ainsi qu’un entier postal à 30 c. Ils devaient se substituer aux Semeuse de mêmes valeurs. Ces timbres-poste étaient destinés au courrier étranger, réalisés aux couleurs préconisées par l’UPU : vert pour les imprimés, rouge pour les cartes postales et bleu pour les lettres. Le document présenté est une épreuve collective avec valeur faciale de ces trois timbresposte. Il existe également une épreuve collective sans valeur faciale.

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2 - Bon à tremper du timbre-poste émis en 1985 pour le 100e anniversaire de la première vaccination antirabique

Le bon à tremper du timbre émis le 3 juin 1985 pour commémorer la première vaccination antirabique est ici présenté. C’est une épreuve qui sert à contrôler le gravure du poinçon avant son durcissement (cémentation) dans le cadre de son transfert sur la molette, puis ensuite sur le cylindre d’impression. Le dessin a été réalisé par l’artiste Pierre Béquet d’après un dessin de L’Illustration du 7 novembre 1885. Il semblerait que ce dessin corresponde au traitement de Jean-Baptiste Jupille qui fut la deuxième personne à être vaccinée. La gravure a été réalisée par Eugène Lacaque ; le timbre-poste fut imprimé en taille-douce rotative.

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3 - Bon à tirer du timbre-poste émis en 1987 pour le centenaire de la fondation de l’Institut Pasteur de Paris

En 1987, La Poste honore le centième anniversaire de l’Institut - avec une année d’avance - par l’émission d’un timbre-poste le 5 octobre, représentant l’entrée principale du bâtiment. Le dessin d’Yvette Michaux est gravé en taille-douce rotative par Jean Pheulpin. Avec le même visuel, un entier postal à 2,20 F sera émis conjointement. Le bon à tirer signé par le directeur du Service national du timbre-poste et de la philatélie est daté du 22 juillet 1987.

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4 - Enveloppe de service portant une empreinte de machine à affranchir de marque Francotyp avec l’effigie de Louis Pasteur

L’empreinte de machine à affranchir imprimée en rouge sur une enveloppe de service N°716-F-1 porte la date du 21 mars 1937 et le numéro 21733, sans doute un numéro d’essai. Le dateur situé à gauche et les chiffres de valeur font penser à une machine allemande de type Francotyp, affirmation confirmée par la lettre « F » inscrite dans le bloc de droite sous l’effigie. Par ailleurs, la mesure de l’écart entre le milieu de la date et celui de la valeur permet de penser qu’il s’agit d’une empreinte Francotyp de type « C ». En 1937, le souvenir de Louis Pasteur, décédé en 1895, reste vif. L’effigie du savant a été reprise en 1936 dans la série des Chômeurs intellectuels avec celles de Callot, Berlioz et Hugo.

Il est donc plausible que le concepteur de l’empreinte ait voulu évoquer la célébrité de Pasteur. L’effigie est identique à celle utilisée par Oscar Roty pour la création en 1888 d’une médaille honorant le savant. L’empreinte restera à l’état d’essai et ne fut pas utilisée par l’administration des Postes. En effet, en 1936, le Front populaire arrive au pouvoir et Hitler triomphe en Allemagne. Un fort sentiment anti-allemand se développe en France et conduit vraisemblablement au refus du projet proposé par l’administration.

Orientations bibliographiques :

J. Storch, R. Françon, Les timbres-poste au type Pasteur, Annonay, 1977.

Pasteur et la rage, ouvrage collectif, Informations techniques des services vétérinaires, n°92 à 95 (1985).

D. Raichvarg, Louis Pasteur, l’empire des microbes, Découvertes Gallimard Sciences, Paris, 1995.

R. Deroy, « Une empreinte de machine à affranchir Pasteur (1937). Le plaisir de trouver et comprendre », Relais 100 (décembre 2007).

Remerciements à Robert Deroy