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Du 17 au 26 mars 2006, la Semaine de la langue française donnera le coup d’envoi d’une saison entière consacrée à la francophonie. Le terme « francophonie » est apparu bien avant que ce concept ne prenne forme au niveau des Etats. C’est au géographe français Onésime Reclus (1837-1916) qu’on doit l’invention de ce mot à double racine latino-grecque : « franco-phonie » désignant l’ensemble de « ceux qui sont ou semblent destinés à rester ou à devenir participants de notre langue ».

On situe généralement dans les années 1960 la relance de l’idée de francophonie. Le général de Gaulle, le président sénégalais, Léopold Sédar Senghor, le prince Norodom Sihanouk du Cambodge, le président tunisien Habib Bourguiba et quelques autres personnalités de l’Afrique noire, du Québec ou du Liban, peuvent être considérés comme les pères de la francophonie postcoloniale. Ainsi ce terme a finalement été adopté pour exprimer l’idée et le projet d’une solidarité consciente et dynamique, fondée sur l’usage et la propriété d’une même langue. Cependant, il ne se réduit ni à la langue ni à la culture française, mais traduit un processus volontaire et organisé de coopération culturelle, scientifique et technique entre les Etats, les collectivités et les individus.

Hommage à Léopold Sédar Senghor

Léopold Sédar Senghor est né le 9 octobre 1906 à Joal, au Sénégal. A partir de 1928, il étudie à Paris où il est le premier Africain à obtenir l’agrégation de grammaire. En 1931, il se lie d’amitié avec Léon-Gontran Damas et Aimé Césaire avec lesquels il fonde la revue L’Etudiant noir, le porte-parole de la « Négritude ». Devenu professeur après la guerre, il occupe la chaire de linguistique à l’Ecole nationale de la France d’Outre-mer.

Durant toute sa carrière politique et littéraire, il s’attache à montrer que les Noirs ont une civilisation et un patrimoine à léguer. Membre du Conseil de l’Europe, délégué de la France à la conférence de l’Unesco et à l’assemblée générale de l’ONU, il devient Secrétaire d’état à la présidence du Conseil en 1955-56, puis ministre du général de Gaulle en 1959 et en 1960 il est élu premier Président de la République du Sénégal. Durant toute cette période il écrit beaucoup : « Hosties noires » (1948), « Chants pour Naëtt » (1949), « Ethiopiques » (1956) et « Nocturnes » (1961). En 1966, il fonde le festival des Arts Nègres dont l’objectif est de mettre en exergue le patrimoine et les espoirs des nations noires. Senghor, est réélu Président de la République quatre fois, il se démet de ses fonctions en 1981. En 1984, il est élu à l’Académie française. Titulaire d’innombrables prix littéraires, décoré des plus hautes distinctions, Léopold Sédar Senghor s’est éteint le 20 décembre 2001 à Verson en Normandie.

1 - Léopold Sédar Senghor (1906 – 2001).

Maquette du timbre-poste dessinée par Marc Taraskoff, 2002. Le dessin du timbre-poste commémoratif émis en hommage à Léopold Sédar Senghor a été confié au peintre Marc Tarascoff. Voici comment l’artiste décrit son dessin aquarellé : « A travers ce timbre, j’ai essayé de faire passer l’image d’un politique et d’un poète dont la volonté était de construire un pont entre les langues et les cultures africaine et française. A priori, le représenter sur fond de paysage normand peut sembler insolite, mais en réalité c’est l’expression d’un homme dont le double engagement reflétait une sincérité unique. »

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Léopold Sédar Senghor (1906 – 2001)
Maquette du timbre-poste dessinée par Marc Taraskoff, 2002 (Inv. 2003.59.15)

2 - Léopold Sédar Senghor (1906 – 2001). Bon à tirer du timbre-poste, 2002

Homme d’Etat, poète et membre de l’Académie française, Léopold Sédar Senghor, s’attache, durant toute sa carrière, à montrer que les Noirs ont une civilisation et un patrimoine à léguer. Il ne cesse durant toute sa carrière d’être le pèlerin universel de la francophonie, achevant de donner à cette notion une audience mondiale. Le 20 décembre 2002, La Poste lui rend hommage en émettant un timbre-poste à l’occasion du 1er anniversaire de sa mort. Imprimé en héliogravure, il est dessiné par Marc Taraskoff et mis en page par Valérie Besser.

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Léopold Sédar Senghor (1906 – 2001)
Bon à tirer du timbre-poste (détail) dessiné par Marc Taraskoff, mis en page par Valérie Besser, 2002 (Inv. 2003.105.7)

3 - Projet du timbre-poste La francophonie dessiné par Charles Bridoux, 1984

L’émission philatélique sur le thème de la francophonie célèbre la création en France du Haut Conseil de la Francophonie, présidé par le chef de l’Etat dont la mission est de rappeler au-delà des frontières le processus volontaire de coopération culturelle, scientifique et technique entre les Etats ou individus francophones. Charles Bridoux propose vingt-trois dessins pour la réalisation du timbre-poste. Parmi eux, ce croquis, réalisé au feutre sur du papier calque, représentant trois visages de profil. La légende : La langue française, moyen d’expression et de culture domine largement la composition.

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La francophonie
projet du timbre-poste dessiné par Charles Bridoux, 1984 (Inv. 21966/8)

4 - Bon à tremper du timbre-poste La francophonie, 1984

Le timbre-poste, émis le 15 janvier 1985, célèbre son premier jour dans le grand Salon de la Sorbonne, à Paris. Dessiné par Charles Bridoux il sera gravé par Claude Jumelet en taille-douce. « La langue française présente aux quatre coins du monde réunit, dans une même égalité les hommes de confession, de race et de couleurs différentes. Les visages identiques symbolisent l’égalité, les fonds de valeurs différentes expriment les multiples horizons. » (Charles Bridoux)

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La francophonie
bon à tremper du timbre-poste dessiné par Charles Bridoux, gravé par Claude Jumelet, 1984 (Inv. Yv. 2347)
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La francophonie
Timbre-poste de référence