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La France fête, en 2012, l’anniversaire de naissance de Jeanne d’Arc, figure emblématique de l’Histoire de France. Au programme, de nombreux rendez-vous culturels et festifs tout au long de l’année parmi lesquels des expositions, des concerts, des colloques et festivités. L’Adresse Musée de La Poste célèbre l’événement en présentant pour l’occasion quelques raretés philatéliques dans son cabinet des trésors.

Depuis l’assassinat de Louis d’Orléans en 1407, la France est déchirée par une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons qui se disputent le pouvoir au sein du conseil de régence présidé par la reine et régente Isabeau de Bavière.

Henri V, roi d’Angleterre débarque alors en Normandie en 1415. Alliés au puissant duc de Bourgogne, les Anglais imposent en 1420 le Traité de Troyes, signé entre Henri V et Isabeau. Selon les termes de ce traité, le roi d’Angleterre se marie à Catherine de Valois, fille de Charles VI. A la mort de ce dernier, la couronne doit revenir à leur descendance, réunissant ainsi les deux royaumes.

Ce traité spolie le dauphin Charles de son droit de succession (considéré comme enfant illégitime et assassin présumé du duc de Bourgogne). Charles VI meurt en 1422 et la France n’a plus de roi ayant été sacré. La couronne de France est alors revendiquée par le roi d’Angleterre encore mineur, Henri VI, qui succède à son père.

1. Bon à tirer et épreuves de couleurs du timbre-poste « Jeanne d’Arc », dessin et gravure d’Albert Decaris, 1946.

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Timbre-poste « Jeanne d’Arc »
dessin et gravure d’Albert Decaris, 1946 (Inv. 2012.0.2)

Jeanne d’Arc est née vers 1412 dans le fief de Neuf-château, à Domrémy-la-Pucelle (Vosges). Ses origines familiales sont obscures. Elle serait la fille de Jacques d’Arc et d’Isabelle Romée, paysans aisés.

A treize ans, Jeanne affirme avoir entendu, au Bois-Chenu, des voix célestes des saintes Catherine et Marguerite et de l’archange saint Michel lui demandant d’être pieuse, de libérer le royaume de France de l’envahisseur et de conduire le dauphin sur le trône. Elle répond à l’appel et se rend, en 1428, à Vaucouleurs pour convaincre le seigneur Robert de Baudricourt de la conduire à Chinon auprès du dauphin.

Ce portrait de Jeanne d’Arc fait partie de la série des célébrités du XVe siècle émise le 28 octobre 1946. Dessiné et gravé en taille-douce par Albert Decaris, le timbre-poste est tiré à 2,27 millions d’exemplaires. Plusieurs épreuves de différentes couleurs de la figurine ont été réalisées pour l’occasion. La couleur choisie est finalement le bleu.

2. Bon à tirer – essai de couleurs du timbre-poste « Jeanne d’Arc, départ de Vaucouleurs », dessin et gravure d’Albert Decaris, 1968.

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Bon à tirer – essai de couleurs du timbre-poste « Jeanne d’Arc
départ de Vaucouleurs », dessin et gravure d’Albert Decaris, 1968 (Inv. 2012.0.1)

Jeanne d’Arc se rend à Vaucouleurs, forteresse voisine de Domrémy afin de rencontrer et convaincre Robert de Baudricourt son capitaine, de la conduire à Chinon auprès de Charles, le dauphin. En 1429, ce dernier lui donne une escorte de quelques hommes dont les deux écuyers, Jean de Metz et Bertrand de Poulengy, qui lui resteront fidèles tout au long de son aventure, ainsi qu’un courrier, le messager royal Colet de Vienne.

Vaucouleurs devient la cité qui arme Jeanne d’Arc comme le rappelle ce timbre poste dessiné et gravé par Albert Decaris. La figurine évoque le moment du départ. Sur un fond de château et d’église de Vaucouleurs, Jeanne d’Arc est accompagnée de six hommes. Émise dans la série des grands noms de l’Histoire, cette figurine destinée à affranchir la lettre simple dans le régime international, est imprimée à 7 millions d’exemplaires.

3. Maquette du timbre-poste « Orléans 1429 » dessin de Gabriel- Antoine Barlangue, 1929
Oblitération « Krag » sur lettre du 8 mai 1929, à Orléans

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Maquette du timbre-poste « Orléans 1429 »
dessin de Gabriel-Antoine Barlangue, 1929 (Inv. 2427)

Le 23 février 1429 Jeanne d’Arc est à Chinon où elle rencontre le dauphin, fils du roi Charles VI et Isabeau de Bavière, qu’elle convainc de se rendre à Reims afin de se faire sacrer roi pour légitimer son pouvoir. Celui-ci donne son accord pour envoyer Jeanne à Orléans assiégée par les Anglais avec un convoi de ravitaillement. Arrivée à Orléans le 29 avril, la petite bergère, parvient avec sa foi et son enthousiasme, à insuffler aux soldats français désespérés une énergie nouvelle et à contraindre les Anglais à lever le siège de la ville dans la nuit du 7 au 8 mai 1429.

A la demande de Théophile Chollet, maire d’Orléans, et pour fêter le cinquième centenaire de la libération d’Orléans, la Poste lance un concours le 10 novembre 1928 afin d’émettre un timbre à l’effigie de l’héroïne. Le 8 décembre, un jury composé de représentants de la Poste, des Beaux-Arts, du Touring Club de France et de la municipalité d’Orléans fait son choix. Gabriel Barlangue remporte le concours à l’unanimité. Personne ne pressent cependant le résultat qui s’avère malheureux. Conçue pour être réalisée en taille-douce, la figurine est finalement imprimée en typographie rotative, technique qui ne retranscrit pas la finesse et les nuances de la gouache originale.

La valeur faciale du timbre (50 c), lui permet de remplacer, durant une période de sept mois, le timbre d’usage courant en circulation. Il est émis le 11 mars 1929, en feuille et en carnets de vingt timbres-poste. Une oblitération mécanique illustrée (flamme d’oblitération) est créée pour l’occasion. Celle-ci, présentée sur lettre (ci-contre) est dite « concordante » car accompagnée d’un cachet daté du 8 mai 1929, anniversaire de la libération d’Orléans.

4. Projet et épreuve d’artiste du timbre-poste « Monument national – hommage à Jeanne d’Arc », dessin et gravure de Michel Monvoisin, 1979

Après la victoire de Patay, le 18 juin 1429, remportée face aux Anglais, Jeanne d’Arc prend les villes d’Auxerre, Troyes, Châlons-en-Champagne et finalement Reims où se déroule, le 17 juillet 1429, le sacre du roi Charles VII. Elle tente ensuite, sans succès, de délivrer Paris. Finalement, capturée à la sortie de la ville de Compiègne en 1430, elle est achetée par les Anglais qui la confient à leur allié, l’évêque de Beauvais, Pierre Cauchon. Suspectée d’hérésie, elle est livrée au bras séculier et brûlée à Rouen, le 30 mai 1431.

En 1979, un timbre-poste émis à l’occasion de l’inauguration du monument national en hommage à Jeanne d’Arc, à Rouen, rappelle cette mise au bûcher. Michel Monvoisin est l’auteur du projet et de la maquette de ce timbre-poste.

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Projet d’artiste du timbre-poste « Monument national – hommage à Jeanne d’Arc »
dessin et gravure de Michel Monvoisin, 1979 (Inv. 17312 et 2012.0.7)

L’iconographie du projet (ci-contre), est proche de celle du timbre. Seul le format et les couleurs changent. Si le projet est dans une dominante bleue et rouge et dans un format vertical, le timbre-poste, lui, est rose violacé dans un format horizontal.

Le monument est érigé sur les vestiges du martyre de Jeanne d’Arc. Il se prolonge, sur 60 mètres, par la Galerie du Souvenir, sorte de narthex profilé en carène marine, où a pris place l’ancien relief de Maxime Réal del Sarte, avec une inscription, conçue en 1964 par André Malraux « Jeanne sans sépulcre et sans portrait... » que l’on retrouve sur le projet et le timbre-poste. L’ensemble a pour motif central une croix monumentale, haute de 20 mètres. Elle marque l’emplacement du bûcher et répond ainsi au procès en nullité de réhabilitation proclamé à Rouen, le 7 juillet 1456. Sainte laïque pour les Républicains, elle est béatifiée en 1909, puis canonisée le 9 mai 1920 par me pape Benoît XV, en présence de l’ambassadeur de France auprès du Saint-Siège.

Orientations bibliographiques :

D. Buffier, « Jeanne d’Arc », Le Monde des Philatélistes, n° 474, mai 1993, pp.40-42.

C. Jamet, « Le Second martyr de Jeanne d’Arc », Timbroscopie, n°135, mai 1996, pp. 68-72.

M. Melot, « La naissance de la Pucelle », Timbroscopie, n° 137, juillet-août 1996, p. 96.

D. Michaud, « Timbre par timbre, une histoire et de multiples légendes », Timbroscopie, n°135, mai 1996, p. 73-78.

Hommage à Jeanne d’Arc, exposition philatélique, Rouen, s.n., 1979

Sources consultables sur rendez-vous à la bibliothèque de l’Adresse Musée de La Poste.