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Feuille d’impression pour carnets de 10 timbres auto-adhésifs Marianne du 14 juillet, 2002.

La fabrication des timbres-poste auto-adhésifs. Dès 1990, les Français utilisent le premier timbre-poste auto-adhésif paru en France, à l’effigie de la Marianne du Bicentenaire, pour affranchir la lettre simple à 2,30F. Le succès de ce produit ne s’est jamais démenti.

Exclusivement vendus en carnets, les timbres auto-adhésifs ne peuvent pas être achetés à l’unité, contrairement aux timbres gommés conditionnés en feuilles de 100 timbres que les agents des bureaux de poste découpent à la demande En 1995, Jacques Chirac est élu Président de la République et c’est l’occasion de renouveler le timbre d’usage courant. En 1996, un concours est ouvert à une trentaine de créateurs. Après sélection, le jury national retient la maquette d’Eve Luquet et ce choix est confirmé par le Président de la République. La date symbolique du 14 juillet est retenue pour le changement d’effigie du timbre d’usage courant.

Le timbre auto-adhésif est conditionné sous 4 présentations :
–  carnet à 20F pour distributeurs de type Sterners, incluant 6 timbres à validitépermanente et 2 timbres à 1F auto-adhésifs. Ce produit a été retiré de la vente le 31 décembre 2001, à l’occasion du passage à l’euro.
–  carnet de 10 timbres pour distributeurs automatiques de marque Sagem
–  carnet de 20 timbres, disponibles dans certains distributeurs automatiques de billets (DAB)
–  carnets de 10 timbres vendus au guichet qui sont de loin les plus répandus.

L’impression des produits de grande consommation comme les timbres d’usage courant auto-adhésifs est réalisée par l’imprimerie des timbres-poste et des valeurs fiduciaires, située à Périgueux, qui dispose d’un parc de quatorze machines rotatives taille-douce dont deux rotatives à grand rendement (R.G.R. 1 et R.G.R. 2). Une rotative à grand rendement dispose d’un cylindre d’impression gravé (ou virole) de grand diamètre. Ainsi, la RGR 1 imprime 8 feuilles de timbres gommés par tour de virole alors que la deuxième rotative à grand rendement (RGR 2) réalise l’impression de 88 carnets de 10 timbres auto-adhésifs par tour, soit quatre feuilles de vingt-deux carnets chacune, permettant la production de 1 300 000 carnets par jour.

Pour ces carnets, le papier utilisé est composé de deux parties, l’une pour la partie timbre et l’autre siliconée, pour la couverture. Le timbre, après impression en tailledouce, est séché par infrarouge avant impression au verso en offset sec du texte de couverture. Puis les bandes phosphorescentes sont apposées sur les timbres. Un numéroteur mécanique à jet d’encre comptabilise les feuilles et prépare la numérotation des carnets avant la découpe à mi-chair de la « dentelure » ondulée.

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Feuille d’impression de 4 x 22 carnets de 10 timbres
à validité permanente auto-adhésifs de guichet avec couverture, Marianne du 14 juillet, RGR-2, 6 février 2002 (détail) Dimensions : 114 x 50 cm. (Inv. 2002.26.55)
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(Détail)

Intérêt de la pièce :

Cette feuille d’impression d’un tour de virole est exceptionnellement conservée au Musée de La Poste. Elle est extraite d’une bobine de papier sans fin utilisée pour la fabrication des carnets de guichet de 10 timbres à validité permanente, comportant au verso une couverture publicitaire. La couverture de ces carnets fabriqués le 6 février 2002 (voir inscriptions 06.02.02 sur les marges des feuilles) est consacrée à la publicité pour les timbres du bloc transport émis le 6 mai 2002 : « Le siècle au fil du timbre. Un siècle de transport. Les timbres élus par les Français ». A ce stade de la fabrication la prédécoupe des timbres, à mi-chair, est déjà réalisée et les inscriptions imprimées en marges des carnets. On remarque la numérotation de droite à gauche des colonnes 4 à 1 (ces chiffres sont appelés numéros de nappes) (53330-4, 53330-3, etc.), les carnets datés, les carnets numérotés, les carnets avec la mention RGR-2 dont on peut apercevoir une variété puisque le « R » de RGR est absent sur des carnets de la nappe 2.

L’étape suivante consiste à découper la bobine en « panneaux » de 20 carnets comportant tous le même numéro d’ordre sur leur marge droite. En sortie de rotative les panneaux de 20 carnets - avec n° d’ordres 1 à 100 - sont empilés, puis massicotés une première fois verticalement pour constituer 4 blocs de chacun 5 x 100 carnets. Chaque bloc est alors encollé sur sa partie gauche afin d’être revêtu d’une couverture rouge. Le bloc est ensuite recoupé horizontalement pour en séparer les 5 liasses de cent carnets qui seront regroupées par 50 pour leur envoi dans les bureaux de poste.

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Feuille d’impression des carnets de 10 timbres (verso)
Couverture du carnet « Un siècle de transports. Les timbres élus par les Français »

Bibliographie :

« Marianne de Luquet », Echo de la Timbrologie, septembre 2002, pp.36-39 et son errata, paru en octobre 2002, p.8

« Marianne de Luquet », Echo de la Timbrologie, avril 2002, pp.48-53 ; juin 2002, pp.40-43

Répertoire Franc.K des carnets de timbres-poste d’usage courant en nouveaux francs et euros, éditions Dallay, 2002

Patrimoine du timbre-poste français, éditions Flohic, 1998, p.899

Bulletins et publication « Etude des tirages de la Marianne de Luquet en francs » édités par la Sococodami

Bulletins et site internet du Cercle des Amis de Marianne : http://amisdemarianne.free.fr

Tous les ouvrages et périodiques sont consultables à la bibliothèque du Musée de La Poste.

Remerciements à Francis Keledjian et François Guilbaud