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Disparition de Zao Wou-Ki : un timbre de 1995 rappelle aussi sa mémoire

Photo François Guillot (AFP).

Une de ses aquarelles avait illustré un timbre émis en 1995. Le peintre français d’origine chinoise Zao Wou-Ki s’est éteint hier en Suisse à l’âge de 93 ans.

Associé au mouvement de l’abstraction lyrique - dont il ne s’est jamais vraiment réclamé -, Zao Wou-Ki était pour l’écrivain et journaliste Claude Roy « un grand peintre qui poursuit dans son œuvre une dizaine au moins de grands siècles de l’art chinois et qui est un des meilleurs peintres modernes de l’Occident. »

Artiste né, il avait étudié très jeune à Pékin, sa ville natale, la calligraphie. Puis avait intégré six années durant l’école des beaux-arts d’Hangzhou. Sa famille éprise de toutes les cultures (descendante de la dynastie Song, qui a régné en Chine du Xe au XIIIe siècle), les enseignants européens de son école, sa soif de voyage et de découverte…, Zao Wou-Ki rejoint la France en 1948. « Je connaissais le mot Montparnasse, je voulais y habiter, déclarait-il, parce qu’on m’avait dit que c’était là où vivaient beaucoup d’artistes ». Il s’installe alors dans un atelier du quartier, rue du Moulin Vert, et rencontre d’autres jeunes artistes, Soulages, Riopelle… Et expose dès 1949.

Dans les années 1950, il se détache des influences de Klee et de la calligraphie chinoise, ses formats grandissent, ses couleurs gagnent en éclat. « Juxtaposer des formes, les assembler, définissait-il son travail, pour que l’on y retrouve le souffle de l’air sur le calme de l’eau. » Les années 1980 consacreront sa notoriété internationale. Maître de la lumière, de la splendeur du monde qu’il captait et renvoyait dans ses grands tableaux, Zao Wou-Ki avait aussi réalisé il y a quelques années une série de 14 vitraux pour le prieuré Saint-Cosme, près de Tours. Lors de leur inauguration, en septembre 2010, plusieurs œuvres de l’artiste avaient également été exposées ainsi que la maquette, l’aquarelle et les différentes pièces - poinçon, épreuve d’artiste… - du timbre émis en son honneur. (RP)

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